L’exilée politique la plus célèbre du Venezuela fixe un délai précis pour encadrer l’après-Maduro

Le paysage politique vénézuélien continue de se transformer à la suite des récents bouleversements à la tête de l’État. Alors qu’une présidence par intérim s’est installée à Caracas après l’intervention militaire américaine, les figures de l’opposition réorganisent leur stratégie depuis l’étranger pour peser sur la nouvelle configuration du pouvoir.

C’est dans ce contexte que María Corina Machado a pris la parole ce dimanche. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la cheffe de l’opposition a annoncé, via une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, son retour au Venezuela « dans quelques semaines ». Son objectif affiché est de « garantir une transition vers la démocratie ordonnée, durable et irréversible », actant ainsi la fin prochaine de ses trois mois d’exil.

L’opposante avait quitté le territoire vénézuélien en décembre dernier pour se rendre à Oslo, où elle devait recevoir le prix Nobel de la paix. Depuis son départ, la donne a radicalement changé sur place : le président Nicolas Maduro a été capturé par l’armée américaine, laissant la place à l’ex-vice-présidente Delcy Rodriguez, désormais désignée présidente par intérim. Par ailleurs, le procureur général Tarek William Saab, qui considérait María Corina Machado comme étant en fuite, a remis sa démission la semaine dernière.

Durant son exil, passé principalement aux États-Unis, la dirigeante a multiplié les échanges diplomatiques. Elle s’est notamment entretenue avec Donald Trump et le secrétaire d’État Marco Rubio. Le dirigeant américain a publiquement exprimé sa volonté de l’impliquer « d’une manière ou d’une autre » dans le futur gouvernement vénézuélien, tout en saluant à plusieurs reprises les actions de la présidente par intérim Delcy Rodriguez. Les autorités précédentes accusaient María Corina Machado d’avoir sollicité et soutenu une intervention militaire de Washington.

Cette nouvelle étape s’inscrit dans le prolongement de la crise de la présidentielle de 2024. Frappée d’inéligibilité après avoir remporté les primaires de l’opposition, elle avait reporté son soutien sur Edmundo Gonzalez Urrutia. La proclamation de la victoire de Nicolas Maduro, contestée par des accusations de fraude émanant de l’opposition, avait déclenché des troubles post-électoraux ayant entraîné 28 décès et environ 2 400 arrestations, selon les données officielles.

Contrainte à la clandestinité avant son départ du pays, l’opposante revendique toujours la victoire de son camp au dernier scrutin. Elle indique aujourd’hui vouloir établir des « consensus » pour assurer la gouvernance durant cette période de transition et invite la population vénézuélienne à se préparer à « une nouvelle et gigantesque victoire électorale ».

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