Les volontaires du ndogou envahissent les rues…

De bonnes volontés servent du café Touba, de l’eau, des dattes et du pain dans les rues des quartiers périphériques de la capitale au moment de la rupture du jeûne. Ces «volontaires» qui squattent les rues de Dakar pour tendre des tasses de café chaud aux jeûneurs disent pourtant ne rien rechercher d’autre que la récompense divine au moment où leurs «détracteurs» pensent qu’ils se font de l’argent facile. Leur engagement est pourtant salué des populations.

Ils sont nombreux les groupes de jeunes qui squattent les rues dans les quartiers de Dakar au moment de la rupture du jeûne. Tous les jours, comme un sacerdoce, ils se sont fixés pour objectif de servir des tasses de café chaud, des dattes, de l’eau et du pain aux jeûneurs qui ont raté l’occasion de rompre à domicile. Rencontrés autour du feu vers les coups de 18 h, ils ont avoué pour la plupart avoir pris leur propre initiative pour rechercher la grâce divine.

Car, donner à manger est bien apprécié de Dieu et recommandé par le prophète Mohamed (PSL). Agent dans une société de gardiennage de la place, Dame Faye, talibé Baye Fall, s’active depuis plusieurs années déjà avec ses amis sur les deux voies de Niary Tally, à hauteur de la rue Walo.

LA MARMITE BOUT A NIARY TALLY

La marmite bout au moment où il reste concentré sur les graines de café à moudre avant l’ultime heure. «Nous ne recherchons que la grâce divine car nous sommes des talibés mourides. Et donner à manger est une recommandation divine. Si vous donnez à manger à quelqu’un qui a jeûné, c’est Dieu qui rétribue. Nous n’avons pas besoin d’être payé pour ça», explique-t-il. Selon lui, ils sont financés par de bonnes volontés du quartier qui leur font confiance. Ainsi, au moins tous les jours, ils dépensent 8250 FCFA. «Nous payons chaque jour au moins 25 kilos de pain, 2 kilos de café à raison de 2000 FCFA le kilo et le paquet de sachets d’eau à 500 FCFA», renseigne-t-il. Les tâches sont équitablement réparties et chaque membre du dahira s’attèle à une activité.

BISCUITERIE TIENT SON CAFE

Trouvés à Biscuiterie rue 10 bis, Ousmane Diop accompagné de Pa Ndiaye et de Matar Diop, réunis autour des marmites sur le feu au moment où de jeunes garçons tendent leur calebasse aux passants, ont abondé dans le même sens. «Nous avons démarré par des cotisations de 2000 FCFA chacun. Et à partir de 16h nous descendons sur le terrain pour faire des quêtes même si notre activité ne dépend pas de ça. Je suis un commerçant, ma cantine se trouve en face. C’est un engagement, un sacrifice», déclare Ousmane Diop qui révèle qu’ils dépensent 5000 à 8000 FCFA par jour pour servir du café, donner des dattes, de l’eau et du pain.

Le même son de cloche est émis par Saliou Diagne que nous avons trouvé à Usine Ben Tally, derrière le marché «Nguelaw 2». Habillé d’un T-shirt noir sur lequel il est inscrit «Sunu leup Serigne Touba» (Tout pour Serigne Touba, en Wolof), il explique la raison de leur choix. Pour lui, leur engagement est un pacte avec Dieu. «Nous sommes des talibés mourides. Nous recherchons la grâce de Dieu en travaillant pour Serigne Touba. Nous investissons notre propre argent sans ne rien attendre de personne, même si des bonnes volontés du quartier y mettent de leur sien. Nous le faisons depuis plus de trois ans déjà», fait-il remarquer. Et de renchérir : «c’est une fierté pour moi car nous sommes conscients que tout le monde n’a pas les moyens de se payer la rupture du jeûne».

Un peu plus loin au quartier Etoile à Niary Tally, Assane Camara tient le même discours. «Depuis plusieurs années, nous dépensons chaque jour entre 7000 à 8000 FCFA pour permettre à tous de rompre le jeûne dans la dignité. Nous faisons des quêtes et nous cotisons pour compléter la mise. Nous sommes fiers. Et nous n’y gagnons rien financièrement car, nous ne le faisons pas pour ça», témoigne-t-il. En attendant l’heure de la rupture du jeûne, les marmites bouillent ardemment, avec une fumée blanchâtre qui vagabonde dans les rues du quartier.

Sud Quotidien

1 COMMENTAIRE
  • mamy

    li deh lou bah la. comme niko aba kara bou bne tally diko df chaque anne t sntou woussi dara loumouy fayou yalla sounou borom. jajeuf way thi eup ikoy df.

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