Les conseils de Farba Ngom ciblent l’acte d’enquête précis exécuté par la gendarmerie avant la levée de l’immunité

La bataille judiciaire concernant le député-maire des Agnam prend une nouvelle tournure juridique et procédurale. Alors que la tutelle ministérielle a publiquement justifié les mesures prises à l’encontre de Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, en invoquant des infractions au règlement pénitentiaire, la défense a réagi ce mercredi 11 février 2026. Le collectif des avocats a tenu à déplacer le débat du terrain disciplinaire vers celui, plus strict, de la constitutionnalité des poursuites, pointant une incohérence temporelle majeure dans la procédure engagée par le parquet.

Le face-à-face entre l’exécutif judiciaire et la défense du parlementaire s’est cristallisé autour d’une conférence de presse tenue par le collectif des avocats, comprenant notamment Me Abdou Dialy Kane et Me Oumar Youm. Cette sortie fait suite aux déclarations de la Garde des Sceaux, Yassine Fall, le 13 janvier dernier. La ministre avait alors révélé la découverte, le 28 décembre 2025, de deux téléphones portables dans la cellule de Farba Ngom au Pavillon spécial.

Selon les précisions rapportées par nos confrères de Sud Quotidien, la ministre a détaillé l’usage présumé de ces appareils, évoquant des communications « structurées et transfrontalières » vers le Maroc, le Mali, l’Autriche, le Bangladesh et les États-Unis, ainsi que 259 minutes d’échanges avec ses conseils. Ces éléments avaient été présentés pour justifier le durcissement des conditions de détention.

La chronologie de la levée d’immunité en question

Au-delà de la matérialité des faits reprochés en détention, la défense a axé sa contre-offensive sur le respect de l’immunité parlementaire. Me Abdou Dialy Kane a soulevé un point de droit précis concernant l’antériorité des actes de poursuite par rapport à la levée officielle de cette protection constitutionnelle.

Les avocats affirment que leur client a fait l’objet d’extractions cellulaires à trois reprises, les 8, 10 et 13 janvier 2026, pour être entendu par la Section de recherches. À la suite de ces auditions, Farba Ngom aurait été placé en garde à vue puis déféré. Or, la défense soutient que ces actes d’enquête et de coercition ont été posés alors que l’immunité parlementaire du député était toujours effective. Pour Me Kane, cette inversion du calendrier procédural rend la poursuite « radicalement irrecevable », le principe d’inviolabilité exigeant que la levée de l’immunité précède tout acte de poursuite, et non l’inverse.

Une plainte annoncée contre la Garde des Sceaux

Sur le plan des principes, Me Oumar Youm a dénoncé ce qu’il qualifie de banalisation de la détention provisoire, estimant que « la détention est devenue la règle et l’exception le principe ». L’avocat a insisté sur la nécessité de préserver la présomption d’innocence, arguant que les sanctions anticipées vident cette notion de sa substance.

Le collectif a par ailleurs annoncé une action judiciaire directe contre la ministre de la Justice. Une plainte sera déposée, accusant Yassine Fall de violation du droit à l’image, d’atteinte à la vie privée et de violation du secret des correspondances, en lien avec la divulgation publique des détails des communications téléphoniques du détenu. Les conseils estiment que ces révélations constituent des manquements aux dispositions du Code des télécommunications et aux règles de protection des données personnelles.

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Un commentaire

  1. Ki il a dit j’ai pris et j’assume yen a boguene nekone goor deug khaliss warou lene diaral gnene koy défendre mai comme vous savez que yalla dou lene diegeul mo thakh. Vous face sall boulot

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