La crise politique qui secoue Sofia connaît un nouveau tournant. Alors que le pays peine à trouver une stabilité gouvernementale depuis plusieurs années, la présidence a tranché sur le calendrier électoral. Une décision qui intervient dans un climat de tension sociale et de manifestations contre la corruption, confirmant l’impasse institutionnelle actuelle.
Le président Iliana Iotova a mis fin au suspense ce mercredi. Lors d’une conférence de presse relayée par Al Jazeera, le chef de l’État a annoncé la signature d’un décret fixant les élections législatives anticipées au 19 avril prochain. Cette annonce fait suite à la présentation des membres du gouvernement intérimaire, désormais dirigé par Andrey Gyurov, qui occupait jusqu’alors le poste de vice-gouverneur de la Banque nationale.
Ce nouveau scrutin illustre l’ampleur de l’instabilité qui règne dans ce pays membre de la zone euro depuis le 1er janvier. Les électeurs sont appelés aux urnes pour la huitième fois en seulement cinq ans. Cette fréquence inédite s’explique par l’incapacité chronique des partis politiques à former des coalitions durables au sein d’un parlement extrêmement fragmenté, malgré la victoire du parti conservateur GERB lors de la précédente échéance en 2024.
La situation s’est dégradée en décembre dernier avec la démission du gouvernement, poussé vers la sortie par des semaines de contestation populaire. Les manifestants dénonçaient notamment le projet de budget 2026, perçu comme une tentative de dissimuler une corruption endémique au sommet de l’État.
L’échiquier politique voit également le retour d’une figure majeure. L’ancien président Rumen Radev, critique virulent de l’exécutif sortant, a démissionné le mois dernier. Il a exprimé, lors d’une adresse à la nation, sa volonté de participer activement à cette « bataille pour l’avenir » du pays, laissant présager une campagne électorale particulièrement disputée pour ce membre de l’OTAN.