Le nouveau Conseil de régulation des médias étend officiellement son contrôle à une cible très suivie sur le net

L’Assemblée nationale a adopté le 3 mars dernier la loi portant création du Conseil national de régulation des médias (CNRM). Ce nouveau texte marque une transition dans la gouvernance de l’information au Sénégal, passant d’un encadrement limité à l’audiovisuel à une supervision globale de l’écosystème médiatique. Invité de l’émission Objection sur Sud Fm, dont les propos ont été relayés par Sud Quotidien, l’expert en droit du numérique Mamoudou Niane a détaillé les implications pratiques de cette réforme.

Le périmètre d’action du CNRM englobe désormais la presse écrite, les médias en ligne, les canaux étrangers accessibles sur le territoire national, ainsi que les créateurs de contenus. Selon l’enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger (UGB), ce dispositif vise à renforcer la qualité du débat public et à restaurer la confiance des citoyens. Il précise que l’instance n’est pas conçue comme une police de l’information, mais comme un mécanisme de protection contre la désinformation et le trafic d’influence. L’expert qualifie les sanctions prévues par le texte d’instruments pédagogiques permettant de corriger les manquements.

L’élaboration de cette loi a fait l’objet de critiques de la part du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) et du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS), qui ont pointé un déficit de concertation. Mamoudou Niane a apporté une précision sur ce volet, indiquant avoir pris part, en tant qu’expert externe, à au moins deux réunions préparatoires auxquelles des représentants de l’écosystème médiatique étaient associés, tout en précisant ne pas pouvoir évaluer la profondeur de leur intégration dans le processus final.

L’une des évolutions majeures introduites par le CNRM concerne l’encadrement des influenceurs, devenus des relais centraux de l’information. L’expert souligne la nature hétérogène de cette catégorie, qui regroupe des profils économiques, sociaux et politiques aux objectifs distincts. Face à cette diversité, le nouveau régulateur devra établir une grille de lecture spécifique. L’objectif sera d’identifier précisément les influenceurs qui participent de manière décisive à la création et à la circulation de l’information, afin de leur appliquer le cadre légal adéquat. En parallèle, Mamoudou Niane a invité le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie (CORED) à étendre son champ d’action vers ces nouveaux espaces numériques.

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