Le ministère de la Justice écarte toute sanction contre l’agent tireur et confirme l’ouverture d’une enquête visant deux élus

Le procureur général adjoint des États-Unis, Todd Blanche, a profité d’une intervention médiatique pour clarifier la position de l’administration Trump sur les suites de la mort de Renee Good à Minneapolis. Alors que la pression populaire montait pour exiger des comptes sur les circonstances du tir, le ministère a défini ses priorités judiciaires en opérant une distinction nette entre l’agent fédéral impliqué et les autorités locales.

**Une fin de non-recevoir pour l’enquête sur le tir**

Interrogé par Fox News, Todd Blanche a confirmé que le département de la Justice ne lancerait aucune investigation concernant Jonathan Ross, l’agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) auteur des coups de feu mortels. Selon nos informations relayées par Al Jazeera, le responsable a justifié cette décision en affirmant que le département n’avait pas vocation à enquêter « chaque fois qu’un officier est forcé de se défendre ». Il a précisé que la division des droits civils ne céderait pas à la pression publique, ajoutant que si une enquête devenait nécessaire à l’avenir, elle serait ouverte, mais que « ce n’est pas le cas actuellement ».

Renee Good, mère de trois enfants âgée de 37 ans, a été abattue au volant de sa voiture le 7 janvier dernier. Si l’administration invoque la légitime défense et l’immunité absolue des agents fédéraux — une position soutenue par le vice-président JD Vance et le conseiller Stephen Miller —, des zones d’ombre persistent. Des analyses menées par des médias locaux (Minnesota Public Radio et APM Reports) pointent un délai de plus de dix minutes avant l’administration des premiers secours et le refus de l’aide proposée par un médecin présent sur les lieux.

**L’offensive judiciaire change de cible**

Si l’agent fédéral est mis hors de cause, le ministère de la Justice a en revanche confirmé l’ouverture d’une procédure visant deux figures politiques majeures de l’État : le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, et le maire de Minneapolis, Jacob Frey. Cette confirmation valide les rapports précédents faisant état de tensions croissantes entre Washington et les élus démocrates locaux.

L’accusation portée par l’administration fédérale repose sur l’idée que ces dirigeants auraient « encouragé des criminels » à entraver l’action de l’ICE. Todd Blanche a rappelé qu’en vertu de la loi fédérale, nul ne peut empêcher un agent d’accomplir sa mission, quel que soit son statut politique.

**La riposte des élus visés**

Face à ces annonces, les deux responsables ont vivement réagi. Jacob Frey a dénoncé une « tentative évidente d’intimidation » visant à le punir pour avoir défendu sa ville contre ce qu’il qualifie de « chaos » apporté par l’administration actuelle. De son côté, Tim Walz a condamné une « tactique autoritaire » consistant à instrumentaliser le système judiciaire pour menacer des opposants politiques.

Cette procédure s’inscrit dans un contexte plus large de surveillance des élus démocrates, alors que les sénateurs Elissa Slotkin et Mark Kelly font également l’objet d’investigations pour avoir appelé des militaires à résister à des « ordres illégaux ».

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