Le maintien du gouvernement Lecornu en France scelle l’adoption d’un budget qui accorde une priorité financière absolue à un seul ministère

Après quatre mois de blocage institutionnel, l’exécutif français sort de l’impasse. Lundi, l’adoption définitive du budget pour l’année 2026 a été confirmée non pas par un vote d’adhésion classique, mais par l’échec arithmétique des tentatives de renversement du gouvernement. Ce dénouement permet au Premier ministre Sébastien Lecornu de déployer une feuille de route économique qui, au-delà de la réduction du déficit, consacre des moyens inédits à un secteur stratégique.

La survie du gouvernement minoritaire s’est jouée dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale lors de l’examen de deux motions de censure. Celles déposées par la coalition de gauche, incluant La France Insoumise et les Verts, ont recueilli 260 voix, échouant à atteindre le seuil constitutionnel des 289 suffrages nécessaires pour faire tomber le cabinet. La motion présentée par l’extrême droite n’a, quant à elle, mobilisé que 135 voix. Ce double échec législatif met un terme à une période d’incertitude qui avait alarmé les partenaires européens de Paris.

Le texte désormais validé opère des arbitrages financiers stricts pour assainir les comptes publics. Alors que la France reste sous pression de l’Union européenne en raison de son ratio dette/PIB, l’objectif affiché est de ramener le déficit à 5 % du PIB en 2026, contre une prévision de 5,4 % pour 2025. Pour atteindre cette cible, le budget prévoit une hausse de la fiscalité sur les entreprises, estimée à 7,3 milliards d’euros. En contrepartie, les ménages sont épargnés par les hausses d’impôts directs.

Au sein de cette rigueur, une exception notable se dessine. Les dépenses militaires bénéficient d’une augmentation substantielle de 6,5 milliards d’euros. Selon les déclarations du Premier ministre rapportées par Al Jazeera, cette enveloppe constitue le « cœur » du budget, marquant une priorité absolue donnée à la défense dans un contexte géopolitique tendu.

Cette adoption budgétaire n’a été rendue possible que grâce à des négociations complexes avec les députés socialistes. Si ces derniers n’ont pas obtenu l’instauration d’un impôt sur la fortune pour les ultra-riches, ils ont arraché plusieurs mesures sociales concrètes, dont le repas à un euro pour les étudiants et une revalorisation des compléments de revenus pour les travailleurs modestes. Sébastien Lecornu a salué sur la plateforme X un budget qui « opère des choix clairs » et « contient la dépense publique », espérant ainsi clore une séquence de deux ans d’instabilité politique.

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