Le Secrétariat exécutif national du Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP) a dressé, ce lundi 9 février 2026, un tableau préoccupant de la situation au sein des universités sénégalaises. Au-delà des questions purement académiques, l’organisation attire l’attention sur un climat de tension nourri par une gestion sécuritaire jugée excessive et une détérioration subite des conditions de vie sur le campus de Dakar.
Dans un communiqué relayé par nos confrères d’Emedia, le mouvement pointe du doigt la présence récurrente de forces de l’ordre armées dans l’espace universitaire. Cette situation est qualifiée par le FRAPP de « militarisation progressive », une approche que l’organisation estime contraire à la vocation des lieux, définis comme des espaces de savoir et de liberté académique. Le texte rappelle que l’université « n’est pas une caserne » et insiste sur le fait que les étudiants ne doivent pas être traités comme des « ennemis de la République ». Cette alerte fait écho à une précédente mise en garde émise par la structure il y a deux mois, laquelle, selon les signataires, n’a été suivie d’aucune mesure corrective.
Cependant, la dimension sécuritaire n’est pas le seul point de friction soulevé. Le FRAPP signale une urgence sociale immédiate à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) : la fermeture totale des restaurants universitaires constatée depuis plus de 72 heures. Cette interruption de service prive des centaines d’étudiants résidents de leur accès principal à l’alimentation, aggravant un climat social déjà fragilisé.
Face à cette double problématique, l’organisation a formulé des exigences précises à l’endroit du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Elle réclame le retrait sans condition des forces de police des campus et la réouverture immédiate des services de restauration. Le mouvement appelle les autorités de tutelle à privilégier les mécanismes de dialogue et de concertation pour apaiser l’espace universitaire, en lieu et place des dispositifs de répression.