Le bras de fer entre le CFCM et la Grande Mosquée de Paris impose un début de Ramadan à deux vitesses en France

C’est une situation rare qui prévaut actuellement dans l’Hexagone, où la communauté musulmane aborde le mois sacré dans une atmosphère de ferveur spirituelle, mais aussi de confusion administrative. Alors que les préparatifs battent leur plein dans les foyers, l’unité calendaire a cédé la place à une divergence officielle entre les principales instances représentatives, créant un démarrage du jeûne à géométrie variable sur le territoire.

La rupture est consommée au sommet des institutions religieuses. Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) a fixé le début du mois béni au jeudi 19 février, tandis que la Grande Mosquée de Paris (GMP) a opté pour une entrée en matière dès le mercredi 18 février. Cette dissonance a contraint les fidèles et les associations locales à trancher individuellement. Dès mardi soir, une partie des mosquées, notamment celles affiliées à la Fédération Azuréenne des Mosquées et Institutions Islamiques (FAMI) à Nice, ont ouvert leurs portes pour les premières prières de Tarawih, s’alignant sur la position de la GMP.

**Une base fidèle qui privilégie l’esprit sur la lettre**

Malgré ce flottement institutionnel, le terrain semble s’accommoder de la situation avec pragmatisme. Selon les informations recueillies par l’agence Anadolu, l’enthousiasme des fidèles reste intact. Samy, chauffeur-livreur dans les Alpes-Maritimes, relativise la portée de ces désaccords. Pour ce père de famille, si ces divergences sont « dommageables », elles « n’entachent en rien l’état d’esprit » du mois sacré. Il préfère concentrer son énergie sur l’action caritative, prévoyant des maraudes nocturnes pour collecter des fonds et aider les plus démunis.

Ce sentiment est partagé par Tatiana, mère de quatre enfants et convertie depuis vingt ans. Pour elle, les querelles de calendrier demeurent « accessoires » face à l’attente suscitée par cette période. Elle insiste sur la transmission des valeurs, impliquant ses enfants dans les préparatifs culinaires pour leur inculquer « l’importance de l’entraide et du partage ». Au-delà de la cacophonie des dates, c’est cette volonté de cohésion sociale et familiale qui semble primer dans les foyers français.

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Un commentaire

  1. On dirait que l’opposition algero-marocaine se poursuit jusqu’au domaine de la religion.
    Mosquée de paris aux mains des algériens #CFCM aux mains des marocains !!!

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