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La mésaventure de Anta Sylla avec la liquididation de Sénégal Airlines

Ce voyage au Sénégal, je l’avais en tête depuis des lustres. Mon pays me manquait, mais je ne devais pas m’arrêter à Dakar, je devais aller chez le voisin, le Cap-Vert et sa rayonnante capitale, Praia, en vue de négocier un dossier important pour une affaire professionnelle. C’est là que je tombe sur la possibilité d’acheter un billet Dakar-Praia, que proposait la compagnie Sénégal Airlines. Je fais une réservation de billet vers le 15 mars, pour un départ le 12 avril. J’ai effectué le paiement dans les délais qui m’ont été accordés, le billet en promotion me coûte 181 600 FCfa.

A ma grande surprise, je reçois, le 10 avril vers les coups de 11 heures, un appel d’une commerciale de la compagnie sénégalaise. Ses propos résonnent encore dans ma tête : “Le vol en direction de Praia est suspendu jusqu’à nouvel ordre”. J’enregistre cet appel comme une gifle, je pense même à un poisson d’avril de mauvais goût. J’en ris presque avec elle, avant de me rendre compte que la commerciale était vraiment sérieuse et qu’à cause de Sénégal Airlines, je risquais de perdre une opportunité d’affaires.

Je garde quand même mon calme et demande à mon interlocutrice de me confirmer cette annulation par courriel, puisque l’administration est écrite. Je reçois le mail, qui répète les mêmes termes : annulation du vol Dakar-Praia. Et ce, sans la moindre explication sur ce retournement de situation. C’est ainsi que commence ce que j’appelle aujourd’hui mon combat contre l’injustice.

Le lendemain 11 avril, je décide, après plusieurs coups de fil sans succès à l’agence, de me rendre sur place, c’est-à-dire à l’aéroport international de Dakar. Là, pas le moindre interlocuteur capable de donner une réponse à tout cet imbroglio. En désespoir de cause, j’ai opté pour une rencontre directe avec le responsable commercial des ventes de billets. Mais là encore, impossible d’avoir la personne en face, j’ai dû me contenter de discuter avec lui au téléphone.

Il me conseille d’aller voir du côté de la compagnie capverdienne. Mais là-bas, le billet le moins cher est à 293 400 FCfa, soit 111 800 FCfa de plus que le billet chez la compagnie sénégalaise. Etant liée par mon rendez-vous d’affaires à Praia, je lui propose, soit de me payer la différence, soit de me mettre sur un autre vol. Comme le font toutes les compagnies respectables. On ne daigne pas me donner une réponse Claire, mais on me promet de me rembourser mon argent.

Mardi, jour de l’embarquement pour la capitale capverdienne, je décide quand même de me présenter à l’aéroport. Les autres passagers victimes de cette mésaventure, ont eu la même idée. Nous étions plus d’une centaine à envahir les comptoirs pour des réponses. De mon côté, lasse d’attendre, je suis repartie à l’agence pour sommer les commerciaux de me mettre en rapport avec le responsable des ventes.

Leur réponse vaut le détour, ils m’ont dit qu’ils n’avaient pas de crédit pour l’appeler. Je suis allée forcer la porte du siège, les vigiles étaient gentils et ils m’ont laissée entrer. Je rencontre le responsable des ventes et c’est là qu’il me donne, pour la première fois, l’explication de cette annulation. La compagnie était en liquidation.

On me propose un remboursement, en me faisant croire que mon enveloppe était sous scellés à l’agence. Je reviens deux jours après pour récupérer mon enveloppe. Deuxième grosse surprise: il n’y a plus d’argent. Depuis, toutes mes tentatives pour rentrer dans mes fonds sont restées vaines. C’est de guerre lasse que j’ai décidé de raconter ma mésaventure. Un peu aussi pour servir de porte-voix à tous les autres passagers qui vivent ce calvaire infernal.

De plus, il se susurre que des milliers de voyageurs, notamment des Sénégalais, sont laissés en rade dans beaucoup de pays. La direction connaissait la situation délicate de l’entreprise. La liquidation est une procédure judiciaire longue, donc elle n’arrive pas du jour au lendemain, comme la compagnie a tenté de m’en convaincre. Sénégal Airlines a continué à vendre des billets, comme si de rien n’était. Ca porte un nom, ça s’appelle de l’escroquerie et du vol. Ce comportement ne rehausse pas l’image du Sénégal, entame dangereusement la crédibilité de la compagnie, qui est née sur les cendres de S.A.

Anta SYLLA

igm.sn

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