Il y a des moments où le langage diplomatique devient une insulte à l’intelligence collective. Ce qui se joue autour du Venezuela, de son président Nicolás Maduro et des accusations grotesques de « narco-trafic » portées par les États-Unis relève moins du droit international que du banditisme à ciel ouvert, maquillé en croisade morale.
L’histoire est vieille comme l’empire : quand un pays refuse de plier, on criminalise son dirigeant ; quand un peuple protège ses ressources, on le transforme en paria ; quand un État défend sa souveraineté, on l’accuse d’être hors-la-loi.
Personne n’est dupe. Derrière les mandats d’arrêt médiatiques, les primes dignes du Far West et les discours moralisateurs de Washington, il n’y a qu’un seul mot qui obsède : pétrole. Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de brut au monde, et ce simple fait constitue, aux yeux de l’empire américain, un crime impardonnable lorsqu’il n’est pas contrôlé par Wall Street ou ExxonMobil.
Le reste n’est que décor juridique, scénographie médiatique et théâtre de l’absurde.
L’accusation de narco-trafic portée contre Maduro est d’autant plus risible qu’elle émane d’un État qui abrite, protège et recycle depuis des décennies les plus grands cartels financiers du blanchiment mondial. Les grandes banques américaines et européennes ont blanchi des milliards issus du narcotrafic sans jamais voir leurs dirigeants menottés. Les avions chargés de cocaïne ont souvent décollé sous le regard complice d’agences occidentales. Mais curieusement, le narcotrafic devient un problème moral uniquement lorsqu’il s’agit de renverser un gouvernement récalcitrant.
Nous assistons ici à une criminologie impériale inversée : les véritables prédateurs se présentent en juges, et les nations agressées sont transformées en accusées. Le droit international, censé protéger les États contre l’arbitraire, est devenu un outil sélectif, brandi contre les faibles et soigneusement rangé lorsqu’il s’agit des puissants.
Cette imposture permanente a vidé l’ONU de toute substance morale. Une organisation incapable d’empêcher des guerres illégales, des coups d’État déguisés, des sanctions meurtrières et des génocides documentés n’est plus un arbitre : elle est un décor.
Les États-Unis et Israël incarnent aujourd’hui cette dérive ultime : celle de l’État voyou institutionnalisé. Ils bombardent sans mandat, assassinent sans procès, affament sans honte, et violent le droit international avec une constance qui ferait rougir n’importe quelle organisation criminelle. Gaza, l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Afghanistan, le Yémen, le Venezuela : la liste est longue, et la méthode toujours la même.
On parle de démocratie pendant que tombent les bombes, on invoque la sécurité pendant que s’organisent les massacres, on parle de paix en fabriquant le chaos.
Donald Trump et Benyamin Netanyahou incarnent cette brutalité décomplexée, cette fusion entre pouvoir politique et mentalité mafieuse. Menaces, chantages, sanctions, assassinats ciblés, mépris absolu des règles communes : tout y est.
La psychanalyse du pouvoir impérial révèle ici un narcissisme pathologique, une conviction délirante d’être au-dessus de la loi, une incapacité structurelle à reconnaître l’autre comme égal. L’anthropologie politique nous rappelle que les empires finissent toujours par se croire éternels, jusqu’au jour où leur violence devient leur propre tombe.
Ce monde à deux vitesses, où certains États ont le droit de tout faire pendant que d’autres n’ont même pas le droit d’exister, est arrivé à un point de rupture. Les peuples du Sud global observent, comprennent et n’avalent plus les fables occidentales. La géopolitique contemporaine est en train de basculer, non par amour du chaos, mais par rejet de l’hypocrisie.
Face à cette injustice structurelle, il reste une vérité que ni les sanctions ni les missiles ne peuvent effacer : aucune domination fondée sur la prédation ne dure éternellement. Les textes religieux, les sagesses anciennes et l’histoire humaine convergent toutes vers cette même leçon : l’oppression appelle toujours un retour.
Lorsque la justice des hommes devient un simulacre, les peuples invoquent une justice plus haute, plus implacable, qui ne connaît ni veto ni alliances militaires.
Le Venezuela n’est pas seul, la Palestine n’est pas oubliée, et les masques tombent. Le monde voit désormais clairement qui sont les véritables fauteurs de chaos. Les États qui se présentent comme civilisés tout en agissant comme des gangs armés ont perdu le monopole du récit. Et lorsque l’histoire se retourne, elle n’épargne jamais ceux qui ont bâti leur puissance sur le sang, le mensonge et le pillage.
Car aucune force, aussi arrogante soit-elle, n’échappe éternellement à la loi morale de l’humanité.
Vieux Macoumba MBODJ*
Humanité
Trump est simplement le plus grand terroriste de tous les temps pour avoir pris en otage la souveraineté toute entière d’un Etat indépendant ainsi que ses ressources pétrolières
Trump est un agresseur à l’arraché comme ça se passe dans les rues des grandes villes africaines et latino-américaines