Les autorités judiciaires américaines intensifient leur traque contre le transfert illégal de compétences militaires stratégiques. Dans le collimateur de Washington, le recrutement d’anciens cadres de l’armée par des puissances étrangères vient de conduire à une nouvelle interpellation de haut niveau.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, un ancien officier de l’armée de l’air américaine a été arrêté ce mercredi dans l’État de l’Indiana. Gerald Brown, 65 ans, fait l’objet d’une plainte pénale du département de la Justice des États-Unis. Il est accusé d’avoir fourni, sans autorisation, des services de défense et des formations tactiques à des pilotes de l’armée chinoise.
Le profil du prévenu illustre la sensibilité des informations en jeu. Au cours de ses 24 années de service au sein de l’US Air Force, cet ancien major, connu sous l’indicatif « Runner », a dirigé des missions de combat et commandé des unités impliquées dans les systèmes vecteurs d’armes nucléaires. Après son départ de l’armée en 1996, il a opéré comme pilote de ligne civil avant de devenir instructeur pour les pilotes américains sur les avions de chasse F-35 et A-10.
Les documents judiciaires indiquent que Gerald Brown a séjourné en Chine de décembre 2023 jusqu’à son retour aux États-Unis au début du mois de février 2026 pour y mener ses activités de formation. Son contrat aurait été négocié par Stephen Su Bin, un ressortissant chinois condamné à quatre ans de prison en 2016 pour son implication dans le piratage d’un sous-traitant de la défense américaine. Roman Rozhavsky, directeur adjoint de la division du contre-espionnage du FBI, a déclaré que le sexagénaire avait trahi son pays en formant des pilotes chinois à combattre ceux qu’il avait juré de protéger.
Cette arrestation s’inscrit dans un schéma plus large de captation d’expertise occidentale. Le dossier présente de fortes similitudes avec celui de Daniel Duggan, un ancien pilote du corps des Marines arrêté en Australie en 2022 et qui conteste actuellement son extradition vers les États-Unis pour des faits similaires. Face à cette dynamique, une coalition regroupant l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis avait publié une note d’alerte en 2024. Ce document mettait formellement en garde les militaires contre les tentatives de recrutement de l’Armée populaire de libération chinoise, visant à moderniser ses propres capacités au détriment de la sécurité des alliés occidentaux.