Les tensions diplomatiques s’accentuent entre Paris et la représentation américaine. Attendu ce lundi au ministère français des Affaires étrangères pour une explication de texte, l’ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, a fait le choix de ne pas s’y présenter. Une absence qui a déclenché une riposte immédiate des autorités françaises.
À l’origine de cette convocation, rapportée par l’agence Anadolu, se trouve une publication sur le réseau social X. L’ambassade américaine à Paris y évoquait une montée de « l’extrémisme violent de gauche » à la suite du décès du jeune nationaliste Quentin Deranque. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, souhaitait entendre le diplomate sur ces propos qualifiés d’inappropriés par le gouvernement.
Le refus de Charles Kushner de se présenter au Quai d’Orsay a conduit la diplomatie française à prendre une décision ferme. Par voie de communiqué, le ministère a fustigé « une apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d’ambassadeur ». En réponse, Jean-Noël Barrot a officiellement demandé que le représentant américain « ne puisse plus accéder directement aux membres du gouvernement français ».
Notre rédaction note que Paris a néanmoins tenu à préciser les limites de cette restriction. Le ministère indique qu’il reste « bien sûr possible » pour l’ambassadeur de poursuivre sa mission et de se rendre au Quai d’Orsay pour des échanges destinés à « aplanir les irritants », afin de préserver la relation bilatérale historique entre la France et les États-Unis.
Ce nouvel incident s’inscrit dans un historique récent de frictions avec ce diplomate proche de Donald Trump. En août dernier, Charles Kushner avait déjà provoqué l’irritation des autorités françaises en qualifiant d’« insuffisante » l’action du gouvernement dans la lutte contre l’antisémitisme. Convoqué à cette occasion, il avait évité la rencontre en se faisant représenter par son chargé d’affaires, tout en maintenant ses déclarations.