L’attente devient insoutenable pour les familles des 18 supporters sénégalais incarcérés au Maroc depuis les incidents de la finale de la Can 2025. Alors que l’audience s’est enfin tenue après plusieurs reports liés à une grève locale, la défense met en lumière des conditions de détention marquées par une barrière linguistique jugée discriminatoire, en attendant la décision finale du tribunal.
Le dénouement judiciaire approche pour ces compatriotes arrêtés le 18 janvier 2026 à la suite de débordements en marge de la rencontre Sénégal-Maroc. Après une série de renvois causés par un mouvement d’humeur des avocats marocains, l’audience de fond s’est déroulée ce 12 février. Le Tribunal de première instance de Rabat rendra son verdict le 19 février prochain, une date désormais entourée d’anxiété tant les chefs d’accusation de « hooliganisme » et de « violences contre les forces de l’ordre » font craindre une application stricte de la loi locale.
Cependant, au-delà du calendrier judiciaire, c’est le traitement des prévenus qui cristallise les inquiétudes. Me Patrick Kabou, avocat de la défense cité par Le Quotidien, dénonce une procédure opaque pour ses clients. Selon la robe noire, les droits fondamentaux de la défense sont entravés par une exigence particulière : l’obligation faite aux détenus de s’exprimer exclusivement en français lors des rares communications téléphoniques autorisées. Cette mesure pénalise lourdement ceux qui ne maîtrisent pas cette langue, isolant davantage ces supporters majoritairement wolofophones.
L’avocat pointe également l’absence de traduction des accusations dans une langue compréhensible pour les mis en cause, qualifiant la situation d’« absence totale de garantie d’un procès équitable ». Il évoque une forme de « retour de bâton » teinté de xénophobie post-compétition. Face à ces conditions et à une détention provisoire qui dépasse désormais les 25 jours, certains détenus ont entamé une grève de la faim doublée d’un recueillement spirituel depuis le 6 février, accentuant l’urgence d’une décision judiciaire.
À mon avis avec une bonne diplomatie ça devrait se faire depuis longtemps. Le Maroc est une monarchie, le roi a la possibilité de mettre un terme à tout ça par une simple signature. Donc le Ministère des AE doit s’employer plus que ça