Alors que les projecteurs du monde sportif sont braqués sur Milan et Cortina pour l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, la logistique italienne traverse une zone de turbulences inattendue. L’atmosphère festive se trouve confrontée à une réalité sécuritaire complexe dans le nord du pays, où les infrastructures de transport subissent des perturbations qui ne relèvent pas de l’incident technique ordinaire. Les autorités font face à ce qui s’apparente à une action coordonnée, obligeant la justice à envisager un cadre d’enquête particulièrement sévère.
Le trafic ferroviaire, vital pour le déplacement des spectateurs et des délégations, a été la cible de plusieurs actes de malveillance ce samedi. Selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, des tentatives de sabotage ont visé des lignes interurbaines stratégiques. À proximité de la gare de Bologne, véritable nœud ferroviaire du pays, des câbles ont été sectionnés et des engins explosifs incendiaires ont été découverts. L’un de ces dispositifs a provoqué l’interruption du trafic vers Venise, entraînant des retards supérieurs à deux heures, tandis qu’un second dispositif, heureusement défaillant, visait la liaison vers Ancone.
Ces incidents, qui touchent également la zone de Pesaro où un aiguillage a été incendié, ne sont pas revendiqués à ce stade. Toutefois, la concomitance avec le lancement des Jeux olympiques oriente les soupçons des médias locaux vers la piste anarchiste. Face à la gravité des faits, le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures, Matteo Salvini, a indiqué que le parquet avait ouvert une enquête sous la qualification de « suspicion de terrorisme ». Cette classification juridique témoigne de la volonté de Rome de traiter ces perturbations comme une menace directe contre la sécurité nationale en période d’exposition internationale majeure.
Cette menace physique sur les rails se double d’une offensive numérique. Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a confirmé que le dispositif de sécurité avait également dû repousser des assauts virtuels. Des cyberattaques, attribuées par le ministre à des acteurs russes, ont ciblé les bureaux de la diplomatie italienne ainsi que des infrastructures hôtelières à Cortina d’Ampezzo. Si ces tentatives ont été déjouées, elles illustrent, conjointement avec les sabotages ferroviaires, le niveau de tension qui entoure l’organisation de cet événement mondial.