L’historien français Vincent Lemire s’est vu refuser l’accès au territoire israélien alors qu’il devait y participer à des rencontres universitaires. Cette décision des autorités israéliennes, notifiée début janvier, cible un spécialiste reconnu de Jérusalem et ancien directeur du Centre de recherche français sur place.
Selon les éléments relayés par l’agence Anadolu, l’autorisation électronique de voyage du professeur à l’université Gustave-Eiffel a été révoquée le 7 janvier dernier. Pourtant valable jusqu’en 2027, ce document administratif a été annulé sans justification officielle immédiate, empêchant le chercheur d’honorer plusieurs conférences prévues sur place. Une situation rare pour un universitaire de ce rang, révélée initialement par Mediapart.
D’après les informations communiquées par le Quai d’Orsay à l’intéressé, Tel-Aviv justifie cette mesure par des positions jugées « antisionistes ». Une qualification que Vincent Lemire rejette fermement. L’historien rappelle n’avoir jamais soutenu le mouvement BDS ni le boycott académique. Il défend une lecture du conflit basée sur le droit international, condamnant aussi bien les attaques du Hamas que les crimes imputés à l’armée israélienne à Gaza.
Réagissant à cette interdiction, l’ancien directeur du Centre de recherche français à Jérusalem (CRFJ) dénonce une stratégie d’intimidation visant le monde académique. « Je n’ai jamais boycotté Israël et pourtant Israël a décidé de me boycotter », a-t-il déploré. Pour lui, cette décision vise à inquiéter ses collègues modérés, portant ainsi atteinte aux libertés académiques et à la circulation des idées, alors même que ses ouvrages continuent de circuler en hébreu.