La pression militaire et diplomatique atteint un point critique entre Washington et Téhéran. Alors que les forces armées des deux pays multiplient les manœuvres de dissuasion au Moyen-Orient, les délégations américaine et iranienne se préparent à entamer un troisième cycle de discussions indirectes à Genève, en Suisse. Dans ce climat de haute tension, les autorités iraniennes ont clarifié leur position officielle concernant l’issue de ces négociations.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré qu’un accord avec les États-Unis permettant d’éviter un conflit armé est désormais « à portée de main ». Toutefois, le chef de la diplomatie a conditionné cette opportunité historique à un critère précis : la priorité doit être accordée à la diplomatie. Cette déclaration intervient en réponse directe aux récentes menaces d’intervention militaire proférées par le président américain Donald Trump.
Sur la question centrale du programme atomique, Téhéran maintient une ligne stricte. Le ministère a réaffirmé que le pays ne développerait en aucune circonstance d’arme nucléaire, tout en exigeant la reconnaissance du droit du peuple iranien à bénéficier d’une technologie nucléaire civile et pacifique.
Les pourparlers de Genève, prévus ce jeudi, s’appuient sur la médiation d’Oman. Les autorités omanaises ont d’ailleurs exprimé leur volonté d’imprimer un élan positif pour finaliser cet accord. Du côté des négociateurs, Abbas Araghchi dirige la délégation iranienne. Les intérêts américains sont quant à eux défendus par l’émissaire de la Maison Blanche, Steve Witkoff, et par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.
Ces discussions se tiennent sous le coup d’un ultimatum imposé par Donald Trump à l’issue du précédent cycle de négociations. Le président américain avait accordé un délai de 10 à 15 jours à Téhéran pour parvenir à un accord significatif, tout en brandissant la menace d’une action militaire. Sur le terrain, cet avertissement s’est traduit par un déploiement massif. L’USS Gerald R Ford, le plus grand porte-avions de l’US Navy, a fait escale sur une base de l’Otan en Crète avant de faire route vers le Moyen-Orient. En réponse, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a lancé des exercices militaires dans le sud de l’Iran, affirmant y avoir érigé « une forteresse solide ».
Sur le plan intérieur, la situation socio-économique iranienne pèse sur ces tractations. Selon la chaîne Al Jazeera, l’opinion publique locale est partagée entre la crainte d’une guerre face au déploiement américain et l’espoir d’une résolution diplomatique. Ce contexte est exacerbé par un mécontentement populaire persistant. En décembre, des manifestations massives ont éclaté à travers le pays en raison des difficultés économiques.
Washington a d’ailleurs reconnu avoir provoqué une pénurie de dollars américains en Iran, entraînant de lourdes conséquences financières, dont l’effondrement de l’une des principales banques du pays juste avant les mouvements de contestation. Récemment, des signes d’insatisfaction politique et sociale ont de nouveau émergé dans plusieurs grandes universités de la capitale et d’autres villes iraniennes.
Trump avec sa puissance militaire qui ne s’attaque qu’aux faibles
Allez vous occuper de la Corée du Nord