Le paysage politique irakien connaît une nouvelle phase de tension diplomatique suite à la désignation, le 24 janvier 2026, de Nouri al-Maliki comme candidat au poste de Premier ministre par le Cadre de coordination. Ce choix, opéré par la coalition parlementaire chiite majoritaire, intervient dans un contexte international complexe, marqué par une opposition explicite de la Maison Blanche. Face aux pressions américaines, l’ancien chef du gouvernement a défini une ligne de conduite diplomatique stricte, fondée sur une conception intransigeante de l’indépendance nationale.
La candidature de Nouri al-Maliki, qui doit encore recevoir l’approbation du Parlement et la signature du président de la République pour être officialisée, s’est heurtée plus tôt cette semaine à une intervention directe de Washington. Le président américain Donald Trump a en effet appelé Bagdad à écarter cette nomination. Une démarche immédiatement qualifiée d’« ingérence flagrante » par l’intéressé, qui maintient sa position en s’appuyant sur la légitimité des institutions locales.
S’exprimant devant la presse et relayé par l’agence Anadolu, Nouri al-Maliki a détaillé sa vision de la gouvernance future, insistant sur la nécessité d’établir des relations « politiques, économiques et sécuritaires équilibrées ». Selon lui, l’Irak aspire à collaborer aussi bien avec les pays de la région qu’avec les grandes puissances mondiales, mais uniquement sur la base du partenariat et des intérêts communs, excluant toute forme de tutelle extérieure.
Pour justifier cette fermeté face aux ingérences étrangères, le candidat au poste de Premier ministre a rappelé l’histoire récente du pays. Il a souligné que la vie démocratique irakienne s’est construite « après une naissance violente et de grands sacrifices ». Ces épreuves ont, selon lui, permis de consolider le transfert pacifique du pouvoir et l’adoption par les citoyens des valeurs de liberté. « Nous n’abandonnerons pas cet acquis et nous ne transigerons pas sur le droit du peuple irakien de choisir ses dirigeants », a-t-il martelé.
Au-delà de la rhétorique de souveraineté, Nouri al-Maliki a précisé que la formation du gouvernement relève exclusivement de la décision nationale. Il a affirmé attendre des partenaires internationaux, y compris les États-Unis, qu’ils respectent cette prérogative, tout comme l’Irak s’engage à ne pas interférer dans la gestion des affaires internes des autres États. Le respect du processus constitutionnel demeure, pour la coalition majoritaire, le seul cadre légitime pour la désignation de l’exécutif.