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IPRES, c’est toujours la gérontophagie (Par Ibra Fall)*

Ce n’est donc pas à votre générosité que je m’adresse : je m’adresse surtout à votre sagesse“, Victor Hugo

Depuis Keur Massar, Demba Welé Diop l’incorruptible et ses alliés ont sonné le tocsin, et de fort belle manière, s’adressant à la sagesse du sénégalais et non à la générosité du PCA, dénonçant la précarité du retraité, exigeant réparation, rectification, réorganisation et transparence dans la gestion de l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal.

L’IPRES s’est elle sentie menacée pour actionner un groupe de veille ? Le machin s’est donc réuni au complexe Léopold Sédar Senghor de Pikine pour décrire la situation « authentique » de l’IPRES et pointer d’un doigt accusateur les pourfendeurs du président du Conseil d’administration de l’IPRES. Les pourfendeurs seraient dans une dynamique de désinformation et de manipulation de l’opinion à des fins inavouées. Le groupe de veille de l’IPRES a rappelé sans convaincre et pour le magnifier, des augmentations astronomiques et annoncé celle à venir. Un tas de tralalas ! «Poursuivez la ripaille et continuez d’ignorer les retraités, les collabos veillent», semble dire le groupe de veille aux dirigeants de l’IPRES.

Le groupe de veille a raté l’occasion de s’émouvoir utilement car, les deux premières vagues de la pandémie de Corona virus avaient la particularité de cibler la tranche d’âge dont l’IPRES à la lourde charge de la gestion : les personnes âgées. Durant cette période de grande inquiétude, je n’ai pas souvenance d’une action bienfaitrice de l’IPRES en faveur de ceux qui sont sa raison d’exister. Et les soutiens fusaient de partout, de l’état aux privés en faveur des couches sociales jugées vulnérables; saufs les retraités. L’IPRES s’est limitée à cotiser pour le plaisir du prince, et à faire le mort avec son comité de veille, devant la détresse de ses vieux pensionnaires.

Quand le président Macky Sall a demandé de relever substantiellement le niveau des pensions, l’IPRES s’est contentée d’une faible augmentation, et comptabilisé celles acquises sur une longue période, avant l’annonce du président et sa décision d’exonérer l’institution des impôts; histoire de tromper la vigilance du Chef de l’Etat occupé sur plusieurs fronts. Elle a annoncé une augmentation de quarante pour cent 40% de presque rien.

Il y’a plus grave. L’IPRES a confisqué sans état d’âme le montant d’un mois de pension au moment de la mise en oeuvre de la mensualisation. Le procédé a été simple et efficace : L’IPRES a dans un premier temps réduit de moitié le montant de la pension servie, avant de réduire dans une seconde phase la périodicité. La conséquence a donc précédé l’acte. L’inverse aurait été honnête et plus logique car la mensualisation concerne la période qui s’écoule entre deux paies, et non le montant de la pension qui ne peut être que sa conséquence. Pour calmer la colère des pensionnaires et estomper la clameur née de leur frustration, le mois de pension ainsi détourné par l’IPRES a été rendue provisoirement sous forme de prêt et remboursé jusqu’au dernier centime par les pensionnaires. C’EST DU VOL !!!!!!

S’y ajoutent les tracasseries sanitaires, pharmaceutiques, sociales et autres de ces héros qui ont contribué à l’évolution, à la vie et la marche du pays en apportant d’eux mêmes les éléments matériels et moraux nécessaires au bien être de la société. Que d’efforts consentis sur une longue période ! Des sacrifices énormes en heures de travail, des risques inhérents à l’activité professionnelle, des cotisations mensuelles tirées de leur salaire avec l’espoir qu’au moment de la retraite, ils bénéficieraient d’un accompagnement économique, médical et social à la hauteur de leurs efforts et de leur dignité.

En lieu et place de cet accompagnement bénéfique mérité, nous assistons plutôt de la part de l’IPRES à la gérontophagie de ses pensionnaires; c’est à dire à une attitude féroce et destructrice à l’égard d’une génération plus ancienne. L’IPRES a certes relevé la pension minimale à hauteur du salaire minimum interprofessionnel garanti SMIG, et accordé une augmentation de cinq pour cent 5% aux autres catégories. Elle a donc bien fait. Eh bien, elle n’a rien fait. Tant que les pensionnaires ne peuvent assurer le minimum vital entre les deux bouts d’un mois, elle n’a rien fait. Tant que les centres médico sociaux donnent des rendez vous de deux à quatre mois aux malades inquiets; tant que les médicaments se font rares dans les structures sanitaires de son ressort, tant que les augmentations se font également rares et sont de l’ordre de cinq à dix pour cent d’une somme modique, l’IPRES n’a rien fait.

Car, L’IPRES est immensément riche de ses réserves, de ses placements financiers, de ses investissements dans l’immobilier; riche de ses détournements de centaines de millions rendus possibles par un management tropical. Elle est riche de l’exonération d’impôts décidée par le président de la République, riche de cette rumeur jamais démentie et qui fait état de la lourde dette contractée par l’état en 2002, juste après le saccage des locaux de la CNTS et son lot de brûlés graves. Elle a donc les moyens de satisfaire la demande des pensionnaires. Elle a intérêt à le faire avant la fin de la pause que dicte la sagesse face à la pandémie de COVID 19 et sa troisième vague meurtrière. A défaut, elle apprendra à ses dépens que Keur Massar, ce n’est pas seulement Keur Massar, mais plutôt le Sénégal du troisième âge dans son entièreté.

* Retraité Senelec

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