Insécurité, dérives et mineurs exposés : La face cachée des appartements meublés

Elimane Sall, préLe président de l’Association pour la défense des locataires du Sénégal (ADIS) tire la sonnette d’alarme sur la prolifération des appartements meublés, qu’il qualifie de véritable « industrie parallèle » échappant à tout contrôle de l’État. Selon lui, ces logements « poussent comme des champignons », s’affichent ouvertement sur les réseaux sociaux et opèrent « au vu et au su de tous », sans encadrement fiscal, sanitaire ni moral.

Sous couvert de modernité et de locations de courte durée, ces appartements favoriseraient une évasion fiscale massive et une concurrence déloyale envers le secteur hôtelier formel, contraint, lui, de respecter impôts, taxes et normes strictes. « Pendant que les hôteliers étouffent sous le poids des charges, des exploitants informels engrangent des millions dans l’ombre », dénonce-t-il.

Au-delà de l’aspect économique, l’ADIS évoque un problème de société. Dans certains quartiers résidentiels, ces logements se transformeraient en « zones de non-droit », souvent associées à la consommation de produits illicites, à l’alcoolisation excessive et à l’usage de stupéfiants, parfois accessibles à des mineurs. Une situation qui, selon l’association, révèle « la vulnérabilité d’une jeunesse livrée à elle-même dans des espaces sans règles ni responsabilités ».

Le président de l’ADIS pointe également le « silence assourdissant » des autorités locales et étatiques, s’interrogeant : « Qui délivre les autorisations ? Qui contrôle ? Qui encaisse les taxes ? » Avant de conclure, amer : « La réponse est simple : personne, ou presque. »

Pour l’association, laisser prospérer ces zones grises revient à « normaliser l’illégalité » et à « sacrifier la jeunesse ». « Réglementer n’est pas interdire, contrôler n’est pas réprimer aveuglément. Mais fermer les yeux, c’est se rendre complice », avertit le président de l’ADIS, qui appelle l’État à assumer pleinement ses responsabilités, à Sicap Liberté 5 comme ailleurs.

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