À travers la souffrance d’un seul être, on atteint la souffrance de tous les êtres » disait Guy Gilbert. En regardant la photo de la dame Fatou Sow au bras fracturé, assise sur son lit à djedah/Boune, qui patauge dans les eaux de pluies, on ne saurait rester insensible à sa situation misérable. Devoir souffrir du mal de sa fracture et être obligée à dormir dans les eaux stagnantes, madame Sow ne constitue en réalité que l’incarnation des longues souffrances causées par les inondations. Ainsi, la situation dans laquelle elle vit pousse d’aucuns à vouloir savoir où sont passés les milliards investis pour endiguer le phénomène des inondations. Avec le fameux plan décennal de lutte contre les inondations du Président Sall, on croirait ne plus vivre ce genre de calvaire. Mais Hélas quand le ciel ouvre ses vannes, on se rend compte qu’on avait tort d’y croire car les populations devront comme d’habitude manger, dormir, marcher dans les eaux. Gouverner c’est prévoir, a t-on l’habitude de dire. Ainsi, ceux qui ont en charge l’aménagement du territoire ne devraient-ils pas d’avance savoir et informer aux populations sur la possibilité ou l’impossibilité d’occuper de tels lieux? Une étude sérieuse doit être menée par des experts sérieux sur les possibilités de construire dans certaines Zones pour éviter de tels catastrophes qui font toujours très mal.
Par contre pour respect au peuple, pour les vertus de la transparence et de la bonne gouvernance, une évaluation rigoureuse de ce qui a été fait jusque-là doit être faite avant d’entamer de nouvelles dépenses. Créer des plans de lutte à coup de milliards et qui ne changent rien dans le quotidien des sinistrés, ne servent à rien.
En attendant de voir le bout du tunnel, ces sinistrés n’ont qu’à s’approprier les dires de Didier Bacquet: » même dans la souffrance, il reste un espoir de vie ».
*Professeur d’anglais.