L’événement devait consacrer les ambitions technologiques de New Delhi et attirer des milliards de dollars d’investissements. Mais le sommet phare sur l’intelligence artificielle en Inde (India AI Impact Summit 2026) a pris une tournure inattendue jeudi. Attendu sur scène pour l’allocution principale, le fondateur de Microsoft a brusquement annulé sa participation, rattrapé par une polémique qui dépasse largement le cadre de l’innovation numérique.
Tout semblait pourtant réglé. Mardi encore, le bureau indien de la Fondation Gates confirmait sur les réseaux sociaux la présence du milliardaire. Ce n’est que quelques heures avant sa prise de parole que l’annonce est tombée : Bill Gates ne montera pas sur scène. Officiellement, le communiqué évoque une volonté de « garantir que l’accent reste mis sur les priorités clés du sommet ». Dans les faits, cette décision intervient dans un climat de pression grandissante lié à la réouverture de dossiers judiciaires aux États-Unis.
Selon les informations rapportées par notre source Al Jazeera, ce retrait précipité coïncide avec un regain d’attention sur les liens passés entre le philanthrope et le défunt délinquant sexuel Jeffrey Epstein. Des documents récemment rendus publics par le département de la Justice américaine contiennent des échanges présumés où Epstein évoque des aspects de la vie privée de Bill Gates. Bien que le fondateur de Microsoft ait toujours nié tout acte répréhensible et qualifié ces allégations d’« absurdes », la résurgence de ces fichiers a suscité des interrogations de la part de figures de l’opposition indienne et de commentateurs locaux.
Le malaise ne se limite pas à la seule figure de l’Américain. Les documents mentionnent également des échanges impliquant des responsables politiques indiens, créant une atmosphère pesante autour de l’événement parrainé par le Premier ministre Narendra Modi. Ce télescopage entre une conférence technologique majeure et des révélations judiciaires internationales a fini par rendre la position de l’invité d’honneur intenable.
Cette annulation de dernière minute s’ajoute à une série de dysfonctionnements qui ont émaillé le sommet. Outre des problèmes logistiques et des vols de matériel signalés par des exposants, une université locale a été épinglée pour avoir présenté un chien-robot de fabrication chinoise comme étant sa propre innovation. C’est finalement Ankur Vora, président des bureaux Afrique et Inde de la Fondation, qui a eu la lourde tâche de remplacer Bill Gates à la tribune.