Honduras : Malgré le soutien appuyé de Donald Trump, le détail diplomatique troublant lors de l’investiture de Nasry Asfura

C’est dans une atmosphère particulière, marquée par une polarisation politique intense, que s’est déroulée la transition du pouvoir à Tegucigalpa. Nasry « Tito » Asfura, figure conservatrice de 67 ans, a officiellement entamé son mandat présidentiel pour la période 2026-2030. Si la cérémonie au siège du Congrès national a respecté le protocole de prestation de serment, l’événement a surtout brillé par une configuration diplomatique qui rompt avec les usages habituels de la région.

L’investiture de Nasry Asfura s’est tenue devant un public restreint de partisans, loin des fastes habituels des transitions démocratiques latino-américaines. Le fait marquant de cette journée réside dans l’absence totale de dirigeants internationaux. Contrairement à la tradition diplomatique, aucun chef d’État étranger n’a fait le déplacement, pas même les représentants des pays voisins immédiats que sont le Guatemala et le Salvador. Une situation d’isolement protocolaire qui contraste avec le soutien international spécifique dont bénéficie le nouveau président.

Un mandat sous le signe de la contestation interne

Cette investiture intervient au terme d’une crise électorale profonde. Le parti « Libre », formation politique sortante, a catégoriquement rejeté les résultats du scrutin, évoquant une fraude électorale et une menace sur le processus démocratique. L’opposition a également vivement critiqué l’appui affiché par le président américain Donald Trump envers Asfura, qualifiant ce soutien d’ingérence dans les affaires intérieures honduriennes.

Lors de sa prise de parole, après avoir reçu l’écharpe présidentielle des mains de Tomás Zambrano, président du Congrès, Nasry Asfura a tenté de désamorcer ces tensions. « Les Honduriens veulent la paix et la prospérité, et c’est sur cela que nous allons nous concentrer. Une famille divisée n’avance pas », a déclaré le nouveau chef de l’État, appelant à l’unité nationale et au respect mutuel.

Priorités affichées et alliances stratégiques

Sur le plan de l’action gouvernementale, le président a défini ses axes prioritaires : la sécurité, la protection sociale et l’éducation. Il a d’ailleurs profité de cette tribune pour annoncer l’impression de dix millions de manuels scolaires destinés aux élèves de première année. « Le temps a commencé à compter, et nous devons résoudre les problèmes des citoyens afin de les servir », a-t-il insisté.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la politique étrangère de la nouvelle administration semble déjà tracée. Avant même son investiture, Nasry Asfura a multiplié les déplacements stratégiques, se rendant notamment aux États-Unis pour y rencontrer le secrétaire d’État Marco Rubio, ainsi qu’en Israël pour des échanges avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Ces visites confirment l’ancrage diplomatique du nouveau président, malgré l’absence de délégations étrangères lors de sa prise de fonction.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire