Guerre en Iran : la directive radicale de l’armée contre les citoyens surpris à filmer les frappes

Alors que le conflit armé impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël entre dans sa deuxième semaine, les autorités de Téhéran durcissent le ton sur le front intérieur. Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, une série d’avertissements a été émise à l’encontre de toute personne dont les actions menaceraient la sécurité nationale au profit des forces adverses.

Le ministère iranien du Renseignement a ciblé samedi, via les médias d’État, des individus qualifiés de « mercenaires américano-sionistes ». Il leur est reproché de photographier les points d’impact des missiles pour transmettre ces images à des chaînes satellitaires basées à l’étranger. Ces actes, assimilés à ceux d’une cinquième colonne, exposent leurs auteurs à de lourdes peines, conformément à une législation durcie au lendemain de la guerre de douze jours survenue en juin 2025.

La consigne sécuritaire franchit désormais un cap létal. Deux commandants ont indiqué que les forces armées ont reçu l’autorisation d’utiliser des balles réelles contre les contrevenants. À la télévision d’État, Salar Velayatmadar, haut commandant du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et député de Qazvin, a formulé une mise en garde explicite. Affirmant que quiconque sur le sol iranien s’aligne sur l’ennemi a « les pieds à Tel-Aviv et la tête avec Netanyahu », il a confirmé que « l’ordre de les abattre a été donné ». Le chef de la police, Ahmad-Reza Radan, a également fait état de directives permettant d’abattre les individus identifiés comme des menaces dans ce contexte de guerre.

Ce verrouillage s’accompagne d’une coupure quasi totale d’Internet, effective depuis les premières frappes ayant coûté la vie au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Les citoyens s’informent majoritairement via des chaînes persanes diffusées par satellite, que les autorités tentent de brouiller. Parallèlement, la police a envoyé des SMS massifs à la population pour exiger l’arrêt immédiat des transferts de vidéos vers l’étranger.

Ces mesures internes interviennent après les récentes déclarations de Donald Trump et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Les deux dirigeants ont appelé les citoyens iraniens à se tenir prêts à renverser le pouvoir en place, tout en exigeant la reddition inconditionnelle des forces armées. Rejetant catégoriquement cet appel, Téhéran a mobilisé ses partisans dans les rues et les mosquées pour affirmer son contrôle. Des patrouilles de la force paramilitaire du Bassidj, lourdement armées, quadrillent actuellement les zones urbaines et les bases bombardées, tandis que l’armée annonce la poursuite de ses opérations régionales.

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