Au Myanmar, l’État d’Arakan, situé dans l’ouest du pays, a de nouveau été la cible d’une offensive militaire. Un raid aérien mené mardi par l’armée régulière a frappé une localité contrôlée par des forces rebelles, causant d’importantes pertes au sein de la population.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la frappe a visé le village de Yoengu, dans le canton de Ponnagyun. Le bilan fait état d’au moins 17 morts et d’une quinzaine de blessés. Des femmes ainsi que trois enfants figurent parmi les victimes recensées, d’après les déclarations de l’Armée d’Arakan (AA) et du média local Democratic Voice of Burma (DVB).
Les témoignages recueillis sur place décrivent un niveau de destruction important. Pyae Phyo Naing, président de l’Association des jeunes de Ponnagyun, a indiqué à l’AFP que quatre à cinq bâtiments ont été incendiés. Il a rapporté la présence de corps dispersés dans la zone, tandis que des habitants fuyaient les lieux au milieu des habitations en flammes.
Le village de Yoengu, situé à environ 33 kilomètres au nord-est de Sittwe, la capitale de l’État d’Arakan, avait été pris en mars 2024 par l’Armée d’Arakan. Ce groupe armé, issu d’une minorité ethnique, combat les forces gouvernementales depuis le coup d’État militaire de 2021.
À l’échelle nationale, les Nations Unies estiment que le conflit a fait des milliers de morts et entraîné le déplacement d’environ 3,6 millions de personnes. L’État d’Arakan, presque entièrement sous le contrôle de l’AA, subit actuellement un blocus de la part de l’armée, accompagné de bombardements réguliers. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a précédemment alerté sur les conséquences de ce blocus et des réductions de l’aide internationale, soulignant une augmentation drastique de la faim et de la malnutrition dans cette région.