Ghana : Derrière la suspension des naturalisations, l’exigence technique de sept jours jugée irréalisable par les postulants

C’est un coup d’arrêt temporaire pour l’un des programmes de retour les plus emblématiques du continent. Le gouvernement ghanéen a décidé de suspendre la réception des demandes de citoyenneté émanant de la diaspora africaine. Officiellement motivée par une volonté de rendre la procédure plus « conviviale », cette pause intervient dans un contexte de critiques croissantes sur la lourdeur administrative du dispositif.

Lancé en 2016 et renforcé par l’initiative « Année du Retour » en 2019, ce programme permet aux personnes d’ascendance africaine avérée d’obtenir le passeport ghanéen. Si plus de 1 000 personnes, dont le célèbre chanteur Stevie Wonder, ont déjà bénéficié de cette mesure, le mécanisme s’est grippé face à des exigences procédurales jugées excessives par les candidats.

**Une contrainte de délai intenable**

Au cœur des récriminations figure une condition spécifique liée à la preuve biologique de l’ascendance. D’après les éléments rapportés par l’agence Anadolu, de nombreux postulants se heurtent à l’obligation de fournir un résultat de test ADN dans un délai d’une semaine après le dépôt de leur dossier.

La docteure Erieka Bennet, ambassadrice du Diaspora African Forum, une organisation accompagnant les candidats à l’installation, a qualifié ce délai d’« impossible » à tenir pour la majorité des requérants. Outre la contrainte temporelle, des doutes ont été émis par certains demandeurs quant à la fiabilité même des tests requis. La collecte et la soumission de l’ensemble des documents complémentaires dans ce laps de temps restreint constituent, selon elle, un obstacle technique majeur qui nécessitait une révision du système.

**Une barrière financière dissuasive**

Au-delà des aspects logistiques, le coût de la procédure est également pointé du doigt. L’accès à la nationalité ghanéenne représente un investissement conséquent pour les candidats. Les frais de dossier initiaux s’élèvent à 136 dollars. Une fois cette première étape franchie, les candidats présélectionnés doivent s’acquitter d’un montant additionnel de 2 280 dollars.

Le parcours comprend ensuite une vérification approfondie des antécédents et une journée d’orientation obligatoire, avant la remise officielle de la citoyenneté lors d’une cérémonie supervisée par la présidence.

**Dans l’attente de nouvelles directives**

Les autorités ghanéennes ont indiqué que de nouveaux calendriers et des directives actualisées seraient publiés « en temps voulu », sans toutefois avancer de date précise pour la reprise. Cette situation crée une forme d’incertitude, notamment pour les membres de la diaspora ayant planifié des investissements dans l’immobilier, l’agriculture ou la technologie, secteurs où la citoyenneté facilite l’accès à la propriété foncière.

Malgré cette suspension, le Diaspora African Forum affiche sa confiance quant à une résolution prochaine des dysfonctionnements identifiés. Ce modèle d’intégration par la citoyenneté, basé sur des liens ancestraux vérifiés, est également pratiqué par d’autres nations de la sous-région, notamment le Bénin et la Sierra Leone.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire