L’offensive militaire israélienne se poursuit dans la bande de Gaza, faisant de nouvelles victimes de part et d’autre de l’enclave. Au-delà des frappes, la détérioration des conditions météorologiques et le blocage des accès frontaliers aggravent la situation des populations déplacées et des blessés en attente de soins.
Selon les correspondants d’Al Jazeera sur le terrain, cinq Palestiniens ont perdu la vie entre vendredi soir et samedi matin, lors de frappes ayant visé la ville de Gaza et Khan Younès. Le ministère gazaoui de la Santé précise que sept personnes ont été tuées depuis jeudi matin, portant à 658 le nombre de morts recensés depuis l’annonce d’un « cessez-le-feu » le 10 octobre dernier. Les forces israéliennes ont également attaqué un poste de police à Khan Younès ce samedi, tuant deux officiers et faisant plusieurs blessés.
Sur le plan humanitaire, des tempêtes de sable balayent actuellement le territoire. Des témoins rapportent que ces vents chargés de poussière s’abattent sur les camps de déplacés, compliquant davantage le quotidien de dizaines de milliers de familles abritées sous des tentes usées.
À cette précarité s’ajoute la fermeture du point de passage de Rafah. Cette décision, intervenue dans le sillage des récentes frappes contre l’Iran, bloque toute possibilité d’évacuation sanitaire. Des milliers de blessés graves, dont de nombreux enfants, se retrouvent coincés dans l’enclave après une brève réouverture partielle de la frontière le mois dernier.
Le média qatari Al Jazeera rapporte notamment le cas de Hamdi, un garçon de 12 ans gravement touché à la colonne vertébrale et aux nerfs lors d’un bombardement. Son père, Amer Hamadi, explique que l’enfant suit des séances de physiothérapie intensives dans l’espoir de remarcher un jour. Les médecins estiment qu’une intervention chirurgicale à l’étranger pour extraire les éclats d’obus reste sa seule chance de guérison. « Après une longue attente, nous avions enfin réussi à obtenir une référence pour un traitement à l’étranger, mais le point de passage a fermé », confie Sabreen Mazen, la mère du garçon, illustrant l’impasse dans laquelle se trouvent des milliers de patients dont le système de santé local, décimé, ne peut plus assurer la prise en charge.