Gaza : Après un blocage soudain à la frontière, l’entité internationale qui a permis la sortie d’une poignée de patients

Au troisième jour d’une réouverture partielle du terminal de Rafah, les opérations d’évacuation sanitaire ont connu des perturbations majeures. Alors que des milliers de blessés attendent une prise en charge à l’étranger, le processus de transfert vers l’Égypte a nécessité une médiation d’urgence pour se poursuivre malgré les restrictions israéliennes.

La situation au point de passage de Rafah reste extrêmement précaire. Ce mercredi, la Société du Croissant-Rouge palestinien a confirmé le transfert de malades de la bande de Gaza vers le territoire égyptien. Cette opération, strictement encadrée, s’inscrit dans un contexte humanitaire critique où l’accès aux soins hors de l’enclave est devenu une question de survie pour de nombreux patients.

Une coordination interrompue puis rétablie

Selon les informations communiquées à l’agence Anadolu par Raed al-Nems, porte-parole du Croissant-Rouge, l’opération a permis l’évacuation de 15 patients accompagnés de 31 proches. Ces transferts visent à offrir des soins médicaux urgents inaccessibles à l’intérieur de Gaza, où le système de santé est en quasi-effondrement.

Toutefois, le processus a failli capoter. La coordination nécessaire au déplacement des blessés a été brusquement suspendue plus tôt dans la journée. Il a fallu l’intervention directe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour informer le Croissant-Rouge de la reprise des échanges et permettre la poursuite des procédures d’évacuation. Les patients, initialement regroupés à l’hôpital de réadaptation médicale de Khan Younis pour une stabilisation, ont ensuite été transportés par ambulance jusqu’au point de passage.

Un décalage immense entre les besoins et les autorisations

Si ces évacuations constituent un soulagement pour les familles concernées, elles restent dérisoires face à l’ampleur de la crise. Les autorités sanitaires de Gaza recensent environ 22 000 blessés et malades nécessitant une prise en charge à l’étranger. Israël, qui contrôle le côté palestinien du terminal depuis mai 2024, n’autorise qu’un flux extrêmement limité.

Bien que des médias régionaux aient évoqué la possibilité de laisser passer jusqu’à 50 Palestiniens par jour, la réalité sur le terrain reste bien en deçà de ces annonces. Parallèlement, la chaîne égyptienne Al-Qahera News a signalé l’arrivée d’un groupe de Palestiniens du côté égyptien, en attente de retour vers Gaza. Ce mouvement inverse est lui aussi soumis à des conditions drastiques : seuls ceux ayant quitté l’enclave après le début du conflit sont éligibles au retour, après vérification sécuritaire.

Ces événements surviennent alors que l’accord de cessez-le-feu, entré en vigueur en octobre 2025, continue de subir des violations, compliquant davantage les efforts de reconstruction et l’acheminement de l’aide humanitaire.

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