Le conflit au Moyen-Orient connaît une nouvelle phase d’intensification. Depuis le 28 février, les frappes de représailles menées par l’Iran contre les intérêts américains et israéliens se sont élargies aux pays du Golfe, entraînant des perturbations majeures dans la production énergétique et provoquant des mesures d’urgence sur le plan diplomatique.
Les missiles et drones iraniens ont visé plusieurs infrastructures stratégiques de la région. Au Bahreïn, la compagnie pétrolière d’État Bapco a déclaré un cas de force majeure lundi, suite à l’incendie de sa raffinerie touchée par une frappe. L’Arabie saoudite a intercepté quatre drones se dirigeant vers le champ pétrolier de Shaybah, tandis que les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït ont également signalé des tirs de missiles. Dimanche, la chute d’un projectile dans une zone résidentielle du gouvernorat d’Al-Kharj, en Arabie saoudite, a causé la mort de deux personnes et fait douze blessés.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, les systèmes de défense antiaérienne ont été largement sollicités, notamment aux Émirats arabes unis et au Bahreïn, où des dizaines de civils ont été blessés. Face à cette situation, Riyad a fermement condamné ces actes par la voix de son ministère des Affaires étrangères. De son côté, le Premier ministre qatari a appelé à la désescalade, évoquant un sentiment de trahison face à des attaques déclenchées malgré les assurances de neutralité des pays de la région.
Sur le plan économique, cette instabilité a propulsé le prix du baril de pétrole au-delà de la barre des 100 dollars, un seuil inédit depuis le début de l’offensive russe en Ukraine. Le président américain Donald Trump a minimisé cette flambée des prix, l’estimant nécessaire pour écarter la menace liée au programme nucléaire iranien.
Face à la dégradation sécuritaire et quelques jours après qu’un drone a touché l’ambassade des États-Unis, le département d’État américain a ordonné à son personnel non essentiel de quitter l’Arabie saoudite. Cette directive s’inscrit dans un contexte où Washington n’anticipe pas de résolution rapide du conflit, Donald Trump précisant que toute décision concernant la fin des hostilités serait prise conjointement avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
En parallèle, l’armée israélienne a lancé une nouvelle vague de frappes sur le centre de l’Iran, ciblant des infrastructures peu après la désignation de Mojtaba Khamenei comme successeur de son père, l’ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février. Les affrontements se sont également étendus au Liban, où le Hezbollah a engagé le combat contre des forces israéliennes héliportées dans l’est du pays. À ce jour, les bilans font état d’au moins 1 255 morts en Iran, 390 au Liban, et de 10 personnes tuées en Israël par les tirs iraniens.