Frappes au Liban : plus d’un million de déplacés recensés et la condition posée par Israël pour leur retour

La reprise des hostilités entre l’armée israélienne et le Hezbollah a plongé le territoire libanais dans une nouvelle urgence humanitaire. Alors que les raids aériens s’intensifient en marge d’incursions terrestres, les autorités locales et les organisations internationales documentent une dégradation rapide de la situation pour les populations civiles.

Selon les informations relayées par Al Jazeera, l’armée israélienne a lancé de nouvelles vagues de frappes sur le sud du Liban, accompagnant des « opérations terrestres limitées et ciblées » contre les positions du mouvement armé. Cette offensive marque une intensification du conflit, après la violation du cessez-le-feu qui avait été conclu en novembre 2024.

Le bilan de cette récente escalade est communiqué par le ministère libanais de la Santé publique. Entre le 2 et le 16 mars, les attaques ont causé la mort d’au moins 886 personnes, parmi lesquelles 67 femmes, 111 enfants et 38 professionnels de santé. Sur cette même période, 2 141 blessés ont été pris en charge. En intégrant les données historiques depuis le 7 octobre 2023, le nombre total de décès au Liban s’élève désormais à 5 282.

Les bombardements se concentrent principalement sur le sud du pays, la vallée de la Bekaa, Baalbek, ainsi que sur la banlieue sud de Beyrouth (Dahiyeh), poussant les habitants à l’exode. L’Unité de gestion des risques de catastrophes du Liban comptabilise à ce jour 1 049 328 déplacés enregistrés. Les capacités d’accueil du pays sont dépassées : seuls 132 742 individus ont pu être hébergés dans des centres collectifs, contraignant de nombreuses familles à dormir dans la rue ou dans des véhicules.

Concernant l’avenir de ces zones vidées de leurs habitants, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a précisé la position de son gouvernement lundi dernier. Il a affirmé qu’il n’autoriserait pas le retour des populations dans le sud du Liban tant que la sécurité des citoyens israéliens ne serait pas garantie.

Sur le terrain, les ordres d’évacuation forcée émis par l’armée israélienne ont été élargis le 12 mars, s’étendant désormais jusqu’au nord du fleuve Zahrani, à environ 40 kilomètres de la frontière. Le Conseil norvégien pour les réfugiés indique que ces directives couvrent aujourd’hui plus de 1 470 kilomètres carrés, ce qui représente environ 14 % de la superficie totale du Liban.

Cette reprise des affrontements directs fait suite à des tirs de roquettes effectués par le Hezbollah le 2 mars, présentés comme une réponse à l’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, à Téhéran. Elle vient s’ajouter à un bilan matériel déjà lourd : la Banque mondiale a récemment estimé les dommages causés aux seules infrastructures résidentielles libanaises à 2,8 milliards de dollars, avec près de 99 000 logements endommagés ou détruits lors des quatorze mois de combats précédents.

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