Un fait divers survenu dans le centre-est de la France s’est rapidement transformé en incident diplomatique. Face aux réactions internationales suscitées par la mort violente d’un jeune homme, le gouvernement français a décidé d’adopter une posture de fermeté à l’égard de deux de ses alliés, dénonçant des ingérences dans ses affaires intérieures.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé dimanche la convocation de l’ambassadeur des États-Unis à Paris, Charles Kushner. Cette décision fait suite à un communiqué du Bureau de lutte contre le terrorisme du département d’État américain. L’administration de Donald Trump y affirmait que « l’extrémisme violent de gauche est en hausse » et que son implication dans un récent drame survenu à Lyon « démontre la menace qu’il représente pour la sécurité publique ».
Invité sur plusieurs médias français, le chef de la diplomatie a rejeté ces commentaires. « Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame », a déclaré Jean-Noël Barrot, ajoutant que la France n’avait « aucune leçon à recevoir de l’internationale réactionnaire ».
Cette mise au point visait également la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni. La dirigeante avait qualifié cette agression mortelle de « blessure pour l’Europe entière » sur le réseau social X. Une sortie qui a fait réagir le président Emmanuel Macron. Depuis l’Inde, où il effectue une visite officielle, le chef de l’État français a invité son homologue à ne pas « commenter ce qui se passe chez les autres », glissant au passage : « Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés ».
À l’origine de ces tensions diplomatiques se trouve la mort de Quentin Deranque. Âgé de 23 ans, ce jeune homme a succombé samedi à ses blessures après avoir été agressé à Lyon. Il assurait le service d’ordre du collectif identitaire Nemesis, venu protester contre la tenue d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan (La France Insoumise) à Sciences Po Lyon.
Le ministre français de l’Intérieur a évoqué un « lynchage ». De son côté, le procureur de la République de Lyon a ouvert une information judiciaire pour « homicide volontaire », précisant que la victime a été frappée par « au moins six individus ».