Le débat législatif autour de la définition de l’antisémitisme refait surface en France avec l’examen d’une nouvelle proposition de loi. Alors que la députée Caroline Yadan entend pénaliser plus sévèrement certaines critiques visant l’État hébreu, la présidente de l’association EuroPalestine, Olivia Zemor, a réagi en apportant une lecture radicalement différente de la situation actuelle. Si elle reconnaît une dégradation de l’image d’Israël, son analyse des causes s’oppose frontalement à celle de la parlementaire.
La proposition de loi, portée par Caroline Yadan et examinée en ce début d’année 2026, vise à lutter contre les « formes renouvelées de l’antisémitisme ». Ce texte entend encadrer plus strictement certains propos, en s’appuyant sur une définition élargie qui inclurait des critiques radicales de la politique israélienne. Une initiative perçue par ses détracteurs comme une tentative de criminaliser l’antisionisme et de limiter la liberté d’expression sur le dossier palestinien.
Interrogée par le média Nouvelle Aube, dans des propos rapportés par l’agence Anadolu, Olivia Zemor ne nie pas la réalité décrite par la députée, mais en renverse la logique. « Madame Yadan n’a pas tout à fait tort quand elle parle d’une détestation croissante d’Israël dans l’opinion publique mondiale », a concédé la militante. Cependant, là où l’élue voit une montée de l’antisémitisme, la présidente d’EuroPalestine identifie une réaction directe aux événements sur le terrain.
Pour étayer son propos, Olivia Zemor évoque une transformation de la nature du conflit, affirmant que l’on est « passé d’un camp de concentration à un camp d’extermination ». Selon elle, ce rejet global ne relève pas de la haine raciale, mais d’une indignation face aux méthodes employées, citant notamment les tortures et les violences documentées.
Elle insiste particulièrement sur l’impact des images diffusées par les militaires eux-mêmes sur les réseaux sociaux. « Des soldats se filment en train de martyriser des femmes et des enfants… C’est normal qu’on n’aime pas les génocidaires en général », a-t-elle déclaré. Pour EuroPalestine, cette « colère » et ce « dégoût croissant » sont donc exclusivement imputables aux agissements de l’État et de l’armée israélienne, et doivent être distingués de l’antisémitisme.