En France, face à la persistance de la mobilisation du monde paysan, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, ce mardi, l’élaboration d’une « loi d’urgence agricole ». Cette initiative gouvernementale vise à simplifier drastiquement les normes encadrant le secteur et à répondre aux revendications des agriculteurs qui dénoncent une surcharge administrative.
Dans une communication diffusée sur la plateforme X, le chef du gouvernement a affirmé que la souveraineté agricole constitue une « responsabilité nationale » et ne saurait se réduire à un simple slogan. Reconnaissant le bien-fondé des manifestations actuelles, il a pointé du doigt l’existence de « trop de règles complexes, mal expliquées, parfois contre-productives ». Sébastien Lecornu a ainsi mandaté la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, pour préparer ce texte qui abordera des enjeux cruciaux tels que la gestion de l’eau, la prédation et les moyens de production. Le projet devrait être présenté en Conseil des ministres au mois de mars, avant un examen parlementaire prévu avant l’été.
Des mesures immédiates accompagnent cette annonce législative. Sur la question sensible de l’eau, un moratoire sur les décisions en cours a été décrété afin de permettre une concertation avec tous les acteurs. De plus, le gouvernement a garanti qu’il n’y aurait pas de hausse de la redevance pour pollutions diffuses dans le budget 2027. Concernant les nitrates, Paris compte solliciter la Commission européenne pour faire évoluer le cadre réglementaire existant. Un plan de soutien de plus de 300 millions d’euros, assorti d’un volet fiscal, a également été rappelé, bien que son application reste conditionnée à l’adoption du budget.
Cette offensive politique intervient dans un climat de haute tension. Comme le rapporte l’agence Anadolu, des dizaines de tracteurs ont convergé vers Paris mardi à l’appel des syndicats majoritaires. La colère des agriculteurs se cristallise notamment autour de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Une opposition qui s’est matérialisée récemment par des actions sur le terrain, comme au port du Havre où des barrages filtrants ont été érigés pour contrôler les importations. Sur le plan politique, la pression s’accentue également, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, ayant qualifié ce traité de provocation et menacé de déposer une motion de censure.