Les révélations de SOS Racisme sur les pratiques du secteur immobilier ont trouvé un écho retentissant à l’Assemblée nationale ce mardi. Alors qu’un rapport pointe du doigt des tris sélectifs illégaux à grande échelle, le débat s’est rapidement déplacé du terrain locatif vers celui de la politique gouvernementale, un député établissant une corrélation directe entre ces dérives et les orientations de l’exécutif.
L’interpellation est venue des rangs de La France Insoumise (LFI), portée par le député François Piquemal. Ce dernier a saisi l’occasion des travaux parlementaires pour confronter le gouvernement aux données alarmantes publiées par l’association de lutte contre les discriminations. Selon cette enquête relayée par Anadolu, près d’une agence immobilière sur deux accepterait de filtrer les candidats au logement sur des critères racistes, répondant ainsi aux exigences de certains propriétaires.
Face à ce constat, l’élu a dénoncé ce qu’il qualifie de « silence » de la part du ministre du Logement. Il a également ciblé Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité, en rappelant un principe juridique fondamental : « Le racisme n’est pas une mauvaise pratique, c’est un délit qui doit être sanctionné ». Pour le parlementaire, la réaction de l’exécutif reviendrait à minimiser la gravité de ces actes.
Cependant, l’intervention ne s’est pas limitée à la question des agences immobilières. François Piquemal a élargi son propos en liant ce climat discriminatoire à des décisions politiques concrètes. Il a spécifiquement pointé la suppression des Aides Personnalisées au Logement (APL) pour 300 000 étudiants non communautaires. D’après lui, cette mesure budgétaire relève de la « préférence nationale » et constitue une « entaille à l’État de droit ». C’est cet ensemble de choix politiques qui, selon ses termes, alimenterait un « racisme d’atmosphère » imprégnant désormais, selon lui, les rangs de la majorité présidentielle.
Dans son réquisitoire, le député a toutefois tenu à nuancer les responsabilités au sein de la profession immobilière. Il a souligné que la majorité des agents effectuent correctement leur travail en refusant les demandes illégales. La critique s’est orientée vers ce qu’il nomme les « multipropriétaires voyous », accusés d’avoir spéculé sur le logement pendant des décennies avant d’imposer ces discriminations.
L’appel final de l’élu exhorte le gouvernement à sortir de l’inaction pour « faire régner l’ordre républicain », insistant sur le fait que le droit au logement et l’égalité devant la loi ne souffrent d’aucun compromis.