Au sud de la France, un établissement scolaire de Marignane se retrouve au cœur d’une procédure administrative complexe suite à des révélations relayées par la presse locale. Alors que l’institution scolaire doit garantir la sécurité des élèves, une série de témoignages concordants met en cause les méthodes et le comportement d’un enseignant d’éducation physique et sportive (EPS).
L’affaire, initialement révélée par une enquête de BFMTV et reprise par l’agence Anadolu, expose des faits qui dépassent le simple cadre pédagogique. Des élèves du lycée concerné décrivent un quotidien marqué par des attitudes qualifiées de sexistes et de sexuelles inappropriées. Les récits font état d’intrusions répétées dans les vestiaires, de gestes déplacés, ainsi que de remarques visant le physique des lycéennes, notamment des commentaires à caractère grossophobe.
Au-delà des paroles, c’est l’utilisation d’outils numériques qui inquiète particulièrement les familles. Une élève a formalisé ces accusations dans une lettre, dénonçant des violences sexistes et sexuelles et affirmant que l’enseignant aurait filmé des élèves à leur insu, sans aucun consentement.
Une inertie administrative pointée du doigt
Ce dossier soulève une interrogation majeure sur la réactivité de l’institution. Selon Christophe Merlino, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), cette situation n’est pas nouvelle. Des « témoignages concordants » remonteraient à plusieurs années. Pourtant, malgré des convocations successives par la direction de l’établissement, l’enseignant est resté en poste, aucune sanction jugée proportionnée aux faits n’ayant été prononcée jusqu’ici.
C’est un nouveau témoignage récent qui a poussé les parents d’élèves à saisir directement l’académie, contournant l’échelle locale. En réponse, le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille a confirmé l’ouverture d’investigations complémentaires, précisant que celles-ci se déroulent « dans le respect de la procédure contradictoire ».
Cette affaire s’inscrit dans un contexte national tendu en France concernant la sécurité en milieu scolaire. Des données de 2025 indiquent que 13 % des élèves déclarent avoir été exposés à des violences sexistes ou sexuelles au cours de leur scolarité dans les collèges et lycées.