France : Le système de santé sous tension face à une grève historique des médecins libéraux

En France, le secteur de la santé traverse une zone de turbulences majeure avec le lancement, ce lundi 5 janvier, d’une grève des médecins libéraux prévue pour durer jusqu’au 15 janvier. Ce mouvement de contestation, qui entraîne la fermeture de nombreux cabinets et l’arrêt des blocs opératoires dans certaines cliniques privées, vise à s’opposer aux nouvelles orientations budgétaires de la Sécurité sociale pour 2026.

L’ampleur de la mobilisation s’annonce particulièrement forte sur l’ensemble du territoire français. Selon les données relayées par l’agence Anadolu, ce mouvement social pourrait être l’un des plus suivis de ces dernières années. La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) estime que le taux de participation devrait excéder les 85 % parmi ses adhérents. Dès les premières heures de la grève, plus de 15 000 praticiens s’étaient déjà inscrits sur la plateforme de déclaration des grévistes. Franck Devulder, président de la CSMF, a reconnu sur les ondes de France Inter l’impact inévitable de cette action sur les patients, tout en soulignant que le « système libéral est aujourd’hui très attaqué ».

Au cœur des revendications se trouve le budget de la Sécurité sociale pour 2026, adopté mi-décembre. Les professionnels de santé dénoncent une approche qu’ils jugent coercitive, symbolisée notamment par les débats autour du dossier médical partagé (DMP). Bien que le Conseil constitutionnel ait censuré fin décembre l’article prévoyant des sanctions financières pour la non-utilisation de cet outil, la colère persiste. Les médecins critiquent l’ergonomie du dispositif, jugé trop complexe pour une consultation efficace, malgré les promesses d’amélioration formulées par le ministère de la Santé.

D’autres points de friction alimentent la contestation, notamment la suppression prévue pour 2027 des remboursements pour les prescriptions émanant de médecins non conventionnés et la possibilité d’une baisse unilatérale des tarifs de certains actes techniques. Parallèlement, le projet de loi sur la lutte contre la fraude sociale exacerbe les tensions. Les syndicats rejettent la mise sous objectifs des prescriptions d’arrêts de travail, refusant l’amalgame entre prescription médicale et fraude. Face à cette situation, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a assuré que le dialogue n’était pas rompu et a évoqué la possibilité de réquisitionner des médecins dans les territoires où l’accès aux soins serait critique.

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