Dans le cadre de sa stratégie décennale contre le cancer, l’exécutif français opère un virage stratégique majeur en matière de santé publique. Alors que certains protocoles sont déjà bien ancrés pour d’autres pathologies, les autorités sanitaires ciblent désormais une maladie particulièrement meurtrière avec un objectif clair : passer d’une logique de soins curatifs tardifs à une détection précoce systématique d’ici la fin de la décennie.
La lutte contre le cancer en France s’apprête à intégrer un nouveau pilier dans son dispositif de prévention. Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a confirmé sur les ondes de franceinfo la volonté du gouvernement d’instaurer un dépistage généralisé du cancer du poumon à l’horizon 2030. Cette initiative vise à combler un vide dans la politique sanitaire actuelle, en alignant la prise en charge de cette pathologie sur les modèles existants pour les cancers du sein ou du côlon.
Selon les informations rapportées par Anadolu, cette montée en puissance se fera de manière progressive. Dès le mois de mars prochain, une phase pilote sera lancée, ciblant environ 20 000 personnes. Ce démarrage « ciblé » a pour vocation de tester les protocoles avant une extension nationale. La ministre a précisé que l’inclusion de patients dans diverses études permettra à l’État, d’ici cinq ans, de définir avec précision les critères d’éligibilité pour ce dépistage de masse.
Un changement de paradigme vers la prévention
Cette annonce précède une intervention attendue du président Emmanuel Macron, qui doit détailler les moyens financiers et les priorités de la seconde partie de la stratégie nationale 2020-2030. L’objectif affiché par Stéphanie Rist est d’instaurer une véritable « culture de la prévention », privilégiant l’intervention en amont de la maladie plutôt que le traitement de stades avancés.
Les données sanitaires justifient cette urgence. D’après les chiffres de l’Institut national du cancer (INCa) relayés par Anadolu, le cancer du poumon demeure l’un des plus létaux en France. Avec environ 52 000 nouveaux cas diagnostiqués annuellement et près de 33 000 décès, il représente la première cause de mortalité par cancer dans le pays. Si la mortalité tend à baisser chez les hommes, les autorités observent une tendance inverse chez les femmes, une évolution directement corrélée aux habitudes tabagiques.