Sébastien Delogu, tête de liste La France insoumise pour les municipales à Marseille, s’est présenté dimanche devant les gendarmes d’Aix-en-Provence. Convoqué pour s’expliquer sur des interactions présumées avec un individu lié au trafic de stupéfiants, le député a fourni une version des faits appuyée par des documents administratifs, ramenant l’affaire à une transaction commerciale ordinaire.
L’affaire avait débuté par des révélations de l’hebdomadaire Le Canard enchaîné, faisant état d’une procédure ouverte en janvier à la suite du démantèlement d’un point de deal. Selon nos informations, l’enquête avait mis en lumière des échanges réguliers entre le parlementaire et l’un des deux suspects interpellés dans ce dossier. C’est dans ce cadre que Sébastien Delogu a été entendu en audition libre ce 8 février.
Face aux enquêteurs, la défense du député s’est attachée à déconstruire l’hypothèse d’une connivence criminelle. Me Yonès Taguelmint, avocat de l’élu, a catégoriquement rejeté l’existence de « lien de quelque manière que ce soit » avec le narcotrafic. L’explication fournie repose sur une relation client-prestataire : l’homme surveillé par la police travaillait en réalité pour une société de livraison.
Pour étayer cette version, Sébastien Delogu a remis aux autorités une série de justificatifs et de factures d’achats. Ces pièces visent à prouver que les échanges incriminés concernaient exclusivement la réception de meubles. D’après l’avocat cité par l’agence Anadolu, le livreur en question a certes été condamné pour trafic de stupéfiants, mais dans une procédure totalement distincte de cette prestation de service.
Avant son entrée dans les locaux de la gendarmerie, le député avait tenu à préciser qu’il répondait volontairement à la convocation pour dissiper ce qu’il qualifie de « calomnie ». Cette audition visait, selon ses termes, à répondre aux questions « le plus rapidement possible » afin de clore ce chapitre judiciaire en pleine période pré-électorale.