La diffusion récente d’une enquête télévisée sur la chaîne publique française France 2 a remis au centre des débats la question de la sécurité des élèves au sein des établissements privés. Mise en cause par l’émission « Cash Investigation » concernant sa gestion d’incidents graves, la direction de l’Institution Champagnat d’Issenheim, située dans le Haut-Rhin, a choisi de rendre publics les détails de sa gestion interne face à des accusations d’agressions sexuelles.
Dans un communiqué diffusé ce samedi, l’établissement catholique entend répondre point par point aux allégations d’« omerta » suggérées par le programme. La direction revient spécifiquement sur des événements survenus en 2018 lors d’un voyage scolaire en Allemagne, où un enseignant aurait eu des gestes qualifiés d’« inappropriés ». Selon les précisions apportées par l’école et relayées par l’agence Anadolu, un signalement a été effectué « immédiatement » auprès des autorités judiciaires pour garantir la sécurité des élèves. Le procureur de la République de Colmar a par la suite confirmé que cet enseignant avait été jugé et condamné pour ces faits.
Le document aborde également un second dossier évoqué par l’enquête journalistique, impliquant un professeur de sport accusé de voyeurisme. L’établissement tient à préciser que ces faits se seraient déroulés « en dehors du cadre scolaire », précisément dans une piscine municipale. La direction affirme avoir respecté les consignes des autorités chargées de l’interpellation, qui avaient demandé la confidentialité au nom de la présomption d’innocence.
Concernant les relations jugées inappropriées entre élèves et adultes mentionnées dans l’émission, l’administration de l’école indique avoir entamé un travail d’évaluation et s’engage à informer les familles. De son côté, le parquet de Colmar précise qu’aucun nouveau signalement visant l’Institution Champagnat n’a été enregistré à ce stade.
Cette prise de parole intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités françaises. À la suite de la diffusion du programme, qui pointait des défaillances dans le contrôle des structures privées et le recrutement du personnel périscolaire, le ministre français de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé avoir procédé à plusieurs signalements sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale. Les procédures de contrôle administratif ont également été engagées sans délai.