France : Après la suspension du licenciement de l’infirmière, les collectifs lancent ce mot d’ordre spécifique aux soignants

Une nouvelle étape s’ouvre dans le bras de fer opposant l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) à une partie du corps médical autour de la question des signes religieux et de la tenue vestimentaire. Alors que la justice administrative est récemment intervenue pour casser une décision de licenciement jugée disproportionnée, plusieurs organisations appellent à une mobilisation d’envergure pour contester la nouvelle mesure disciplinaire imposée par l’administration hospitalière.

Le dossier de l’infirmière Majdouline, devenu emblématique pour plusieurs syndicats et collectifs, connaît un nouveau rebondissement. Après une première victoire devant le tribunal administratif, la soignante reste sous le coup d’une sanction lourde, poussant ses soutiens à organiser une riposte coordonnée au cœur même des établissements de santé parisiens.

Une action symbolique devant la Pitié-Salpêtrière

Les collectifs « Révolution Permanente », « SOS soigner ou saigner » et « Santé engagée solidaire » ont conjointement fixé la date du 17 février pour une journée de mobilisation. Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, le mot d’ordre dépasse le simple rassemblement : il s’agit d’une action visuelle et uniforme au sein des services.

Les organisateurs invitent l’ensemble du personnel soignant à porter le « calot » durant leur service, en solidarité avec leur collègue sanctionnée précisément pour le port de cet accessoire. Une distribution de ces couvre-chefs est prévue dès 7 heures du matin devant l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Pour les collectifs, cette démarche vise à dénoncer ce qu’ils qualifient de « répression » et d’« islamophobie » ciblant certaines professionnelles de santé.

Un imbroglio juridique et administratif

L’affaire remonte à novembre 2025, date à laquelle Majdouline, infirmière depuis 2018, s’est vu notifier son licenciement. Son employeur lui reprochait le port du calot, interprété comme une manifestation d’appartenance religieuse incompatible avec le principe de neutralité du service public. Une accusation contestée par la défense de l’intéressée, qui affirme qu’elle n’a « jamais revendiqué d’appartenance religieuse » et que cet accessoire relevait de sa « vie privée ».

Saisi en référé, le tribunal administratif de Paris a suspendu la révocation début janvier, ordonnant la réintégration de l’infirmière sous un mois. Le juge a estimé qu’il existait une « absence de proportion » entre la faute alléguée et la sanction ultime qu’est le licenciement.

La modification de la sanction

Face à cette décision de justice, l’AP-HP a indiqué avoir « pris acte » du jugement. Cependant, l’administration n’a pas renoncé à sanctionner l’agent. Une porte-parole de l’institution a confirmé que la sanction initiale avait été « modifiée » pour s’aligner sur l’exigence de proportionnalité demandée par le tribunal.

Concrètement, le licenciement a été converti en une mise à pied disciplinaire de huit mois, privant de fait l’infirmière de son activité et de son salaire pour cette durée. C’est contre cette nouvelle mesure, perçue comme un acharnement par les soutiens de l’infirmière, que la mobilisation du 17 février entend faire pression.

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