Santé publique France a rendu publiques, ce lundi, les nouvelles données concernant l’impact du tabagisme sur la mortalité dans l’Hexagone. Si la tendance globale montre une amélioration par rapport à la décennie précédente, le tabac demeure la première cause de décès évitables, avec des disparités géographiques marquées qui préoccupent les autorités sanitaires.
Le constat dressé par l’agence sanitaire nationale offre une lecture contrastée de la situation. D’un côté, les indicateurs marquent un recul net : le nombre de décès attribuables au tabac est passé de 75 000 en 2015 à plus de 68 000 en 2023. Cette diminution, qualifiée d’« encourageante » par Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France (SPF), ramène la part du tabac dans la mortalité totale de 13 % à 11 %.
Cependant, derrière cette baisse statistique se cache une réalité sanitaire lourde. Selon les informations relayées par Anadolu, le tabagisme continue de réduire considérablement l’espérance de vie, entraînant une perte moyenne d’une dizaine d’années pour les fumeurs. Le cancer reste la première conséquence fatale, étant impliqué dans 55 % des décès liés au tabac chez les femmes et 58 % chez les hommes. Les maladies respiratoires chroniques et les affections cardiovasculaires complètent ce tableau clinique.
Une fracture territoriale persistante
L’analyse des données de 2023 met en lumière de profondes inégalités selon les régions. La mortalité liée au tabac ne frappe pas le territoire de manière uniforme. Les Hauts-de-France, le Grand Est et la Corse enregistrent les taux les plus élevés, avec respectivement 127, 117 et 116 décès pour 100 000 habitants. Ces chiffres contrastent nettement avec ceux de l’Île-de-France, qui affiche le taux le plus bas de la métropole (83 décès pour 100 000 habitants), ou encore des départements d’outre-mer comme la Guadeloupe et la Martinique, où l’incidence est moindre.
Les chercheurs de SPF soulignent que la mortalité actuelle est le résultat d’habitudes prises il y a plusieurs décennies. Les générations qui paient aujourd’hui le plus lourd tribut sont celles qui ont commencé à fumer dans leur jeunesse. Face à ce constat, l’accent est mis sur la prévention et le sevrage. Le baromètre 2024 indique d’ailleurs que plus de la moitié des fumeurs quotidiens expriment la volonté d’arrêter, un levier sur lequel les autorités comptent s’appuyer pour poursuivre la baisse entamée depuis 2015.