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Fonds covid-19: “Macky, Diouf Sarr et Mansour Faye …à la barre”, (Par Sadio Faty)

Au Sénégal, le coronavirus a fait son apparition le 2 mars dernier. En un temps-record, la maladie s’est propagée dans les différentes régions, au point d’y semer une panique totale chez les populations. Pour calmer la peur de nos compatriotes, le chef de l’Etat Son Excellence Monsieur Macky Sall, avait décidé de prendre un certain nombre de mesures. C’est dans ce cadre que, le 23 mars, il a reçu en audience les principaux  responsables de l’opposition sénégalaise dans le but de les faire adhérer à la  lutte nationale contre la Covid 19. Mais également d’avoir leur accord sur le programme de résilience économique et social initié dans le but d’atténuer l’impact économique et social. Par la suite, le fond de riposte (FORCE-COVID 19), lancé dans ce sens, a été doté d’une enveloppe de 1000 milliards de Franc CFA financé par l’Etat et les donations volontaires. Ce programme est décliné en quatre axes :  Soutien au secteur de la santé pour une enveloppe de 64,4 milliards FCFA, 100 milliards FCFA pour la résilience et la cohésion sociale, 802 milliards FCFA pour la sauvegarde de la stabilité macroéconomique, financière de soutien pour le secteur privé afin de maintenir les emplois sans compter les 33,6 milliards FCFA prévus pour la sécurisation des circuits d’approvisionnement et de distribution pour les denrées alimentaires, les médicaments et l’énergie.
Partant pour être une grande victoire pour le président Macky Sall qui a eu le feu vert de presque tous les acteurs, la mise en œuvre du programme, surtout  l’utilisation des sommes dégagées a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Société civile, politiques et citoyens lambda sont montés au créneau pour fustiger la gestion léthargique  des fonds alloués.  Tous les gestionnaires ont eu leurs lots de critiques.  En fait, cette crise au-delà de l’impréparation du Sénégal, est en train de devenir une véritable poule aux œufs d’or pour certains à qui des strapontins ont été créés sur mesure en inadéquation totale de l’orthodoxie administrative et sanitaire qui prévaut dans ce genre de situation. Ainsi, nous allons évoquer la gestion de quelques-uns ayant fait la Une des journaux.

Quand le Président Macky Sall met la charrue avant les bœufs

Très critiqué par une opposition qui lui reproche d’avoir volé les élections présidentielles, le Président s’est beaucoup investi pour instaurer un dialogue national et qu’il a finalement eu mais avec la réticence des partis les plus représentatifs.  Au moment où ce dialogue était à son point mort, la  Covid 19 est venue créer un élan de solidarité plus solide et très sincère autour du président Macky Sall.  Malheureusement cette entente ne durera que le temps d’une rose car elle sera fragilisée par le parfum de scandale noté dans les premiers actes du « Fonds Force Covid19 », notamment l’attribution du marché de la distribution de l’aide alimentaire. Ces premiers signaux de mauvaise gestion, de manque de transparence et de concussion dans la gestion du « Fonds Force Covid19 » ont poussé 14 organisations de la Société civile à demander au président de la République de redresser rapidement la situation qui pourrait remettre en cause le consensus qu’il avait obtenu de la classe politique, de la société civile et des populations. Elles exigent la mise en place rapide du Comité de pilotage chargé de la supervision du « Fonds Force Covid19. Macky Sall  saisit la balle  au rebond et installe le comité de pilotage et le confie au général de division François Ndiaye. Malheureusement, c’était trop tard pour sauver l’union sacrée qui a volé en éclats, la confiance perdue, comme quoi il ne faut jamais mettre la charrue avant les bœufs.

Mansour Faye et ses 69 milliards de problèmes

Il est l’homme dont la gestion est plus décriée.  Le frère de la Première Dame a fait les choux gras de la presse sénégalaise. Le ministre du Développement communautaire, de l’Equité sociale et territoriale gère une enveloppe de 69 milliards destiné à l’assistance alimentaire aux ménages vulnérables.  Il est chargé d’acquérir un kit alimentaire composé de 1000 kg de riz, 10 litres d’huile, 1 pack de 18 briques de savon de 300g, 10 kg de sucre, 10 kg de pâte alimentaire pour 1 million de ménages représentant environ 8 à 10 millions de Sénégalais.  Cependant, tous les actes posés dans ce sens sont scandaleux. En effet, tout est parti du décret présidentiel du 18 mars 2020, portant dérogation au Code des marchés publics pour les dépenses relatives à la lutte contre la Covid-19. C’est sur la base de ce décret, qu’il a attribué deux marchés pour l’achat de riz d’un montant de 17 milliards de francs Cfa à l’homme d’affaires Rayan Hachem, propriétaire des entreprises Avanti Suarl et Afri and Co alors que la dernière entreprise n’est pas enregistrée dans le registre des entreprises reconnues par l’Apix. Lors  d’un entretien avec la presse, Moustapha Tall, un importateur de riz connu et reconnu, a affirmé que 70% des commandes sont attribués à des gens qui ne sont pas connus dans le secteur de l’importation du riz.

La gestion du transport des vivres à l’intérieur du pays constitue un autre scandale. Alors que les transporteurs avaient offert leurs services au gouvernement pour participer à l’effort de guerre, Mansour Faye a décidé d’accorder le marché du convoyage du riz au député et homme d’affaires Demba Diop Sy, membre de la mouvance présidentielle. Le coordonnateur du Forum civil, Birahim Seck, a soutenu publiquement et sans être démenti que l’entreprise Ude de Demba Diop Sy, qui a gagné le marché du transport des vivres, doit 350 millions de francs Cfa au Fisc. Certains ont même soutenu que le Tribunal de commerce hors classe de Dakar a ordonné la liquidation de l’entreprise Ude.

C’est d’ailleurs pour toutes ces raisons que le secrétaire général de Forces démocratiques du Sénégal (Fds) Dr Babacar Diop, membre de la société civile, a déposé une plainte de dénonciation contre Mansour Faye pour demander l’ouverture d’une enquête sur l’attribution du marché des vivres et de leur transport. S’inscrivant dans la même dynamique, Aïda Mbodj a saisi le Parlement d’une question d’actualité pour « auditer » Abdoulaye Diouf Sarr et Mansour Faye sur leur gestion de la pandémie de Covid-19.
Il faut ajouter que juste qu’au moment où nous écrivons ces lignes, « les pauvres » attendent toujours l’aide alimentaire « d’urgence », oui « d’urgence ».

Le ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr à auditer

64,4 milliards, tel est le montant alloué au secteur de la Santé dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. A la date du vendredi 27 mars, Abdoulaye Diouf Sarr a affirmé avoir reçu des dons d’une valeur de 1 milliard 330 millions 830 mille 785 francs CFA (en espèces et en chèques). Même s’il affirme que ces dons sont reversés au ministère des Finances et du Budget, chargé de gérer le Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du coronavirus, certaines nominations et accusations d’enrichissement sans cause, ont fini d’installer un malaise profond dans l’équipe de Diouf Sarr.
L’on se rappelle qu’en l’espace de cinq semaines, le Ministre Abdoulaye Diouf Sarr a promu trois fois de suite le Pr Cheikh Tidiane Ndour.  Ce médecin/Colonel qui est le directeur de la Division de Lutte contre le Sida et les IST, est nommé cumulativement avec ses fonctions le 16 avril 2020 directeur Technique de la Clinique du Golf, un établissement d’une capacité de 50 malades loué selon nos sources entre 20 et 35 millions par mois par le ministère. Ensuite le responsable du hangar des pèlerins de Yoff. Et enfin le directeur de la prise en charge des malades en hospitalisation externe, c’est à dire ceux qui sont dans les hôtels et autres sites. L’on se rappelle également le choix de certains réceptifs hôteliers sans l’approbation des personnes habilitées.  L’on se rappelle de la sortie au vitriol de l’Intersyndicale de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna) parlant d’une «commande nébuleuse» d’achat d’équipements et de médicaments par sa tutelle d’une valeur de 2 milliards de FCfa dans le cadre de la lutte contre la Covid-19. Récemment, la députée Aïda Mbodj a saisi le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse afin d’auditionner le ministre de la Santé et de l’Action sociale Abdoulaye Diouf Sarr, et de son collègue du Développement solidaire et de l’Équité sociale et territoriale, Mansour Faye sur certains aspects de leurs gestions.

Au-delà de ce trio, plusieurs autres gestionnaires ont fait les choux gras de la presse. Il en ainsi du ministre de la culture et de la communication Abdoulaye Diop accusé d’avoir détourné l’aide à la presse. Certaines entreprises de presse avaient purement et simplement décidé de retourner les chèques au ministre car jugeant dérisoire les montants alloués par rapport à l’enveloppe global d’un milliard  quatre cent millions (1 400 000 000 franc fca).

*Sadio FATY, journaliste

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