La capitale togolaise a servi de cadre, ces mardi 27 et mercredi 28 janvier 2026, à une évaluation stratégique des mécanismes de financement au sein de l’Union. Lors de la huitième édition des Rencontres sur le Marché des Titres publics organisée par UMOA-Titres, les acteurs financiers de la sous-région ont dressé le bilan de l’année écoulée. Au-delà des discussions techniques sur la consolidation des acquis, les données officielles communiquées à cette occasion mettent en lumière une transformation profonde de la capacité de mobilisation des ressources locales par les États membres.
L’année 2025 marque un tournant statistique majeur pour le marché financier régional. Selon les chiffres rapportés par Sud Quotidien à l’issue de ces travaux, le volume des titres publics émis par les États membres a connu une hausse de 45,9 %. Concrètement, ce sont 11 858 milliards de FCFA qui ont été mobilisés sur l’année, un montant qui témoigne de la sollicitation accrue du marché par les Trésors nationaux et de la réactivité des investisseurs institutionnels.
Cette tendance haussière ne semble pas devoir s’inverser à court terme. Les prévisions établies pour l’exercice 2026 tablent déjà sur des levées de fonds avoisinant les 12 700 milliards de FCFA. Oulimata N’Diaye Diassé, directrice générale d’UMOA-Titres, a qualifié ce marché de pilier incontournable du financement souverain en monnaie locale, tout en notant une diversification bienvenue des maturités proposées aux investisseurs.
Si la liquidité primaire est au rendez-vous, des ajustements structurels restent nécessaires. Le gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, présent à Lomé, a insisté sur l’impératif de dynamiser le marché secondaire. La faiblesse de la liquidité sur ce segment demeure une contrainte technique qui freine encore la fluidité optimale des échanges, malgré l’augmentation de la part des titres publics dans le PIB des pays de l’Union.
L’hôte de l’événement, le Togo, illustre cette dynamique globale à son échelle nationale. Le ministre togolais de l’Économie et des Finances, Georges Barcola, a précisé que son pays a réussi à capter entre 500 et 700 milliards de FCFA annuellement sur la période 2021-2024, confirmant que l’épargne intérieure s’impose désormais comme un levier de résilience face aux incertitudes des financements extérieurs.