C’est une transformation radicale pour le quotidien des habitants d’Ediamatt, localité située dans la commune de Mlomp, département de Bignona. Après plusieurs décennies marquées par la difficulté d’accès à une ressource vitale, ce village de la région de Ziguinchor vient de réceptionner une infrastructure hydraulique majeure. L’inauguration, effectuée en présence des autorités administratives et locales, marque l’aboutissement d’une coopération technique et financière spécifique.
L’attente aura duré près d’un demi-siècle. Depuis sa création il y a plus de cinquante ans, Ediamatt n’avait jamais bénéficié d’un accès direct à l’eau potable, contraignant les populations à utiliser une eau impropre à la consommation. Le maire de la commune, Papis Ansoumana Diémé, a qualifié cette inauguration d’historique, soulignant que l’accès à l’eau dépasse le cadre infrastructurel pour toucher à la dignité humaine et au développement local.
Un modèle de financement singulier
Au-delà de la prouesse technique, c’est l’origine des fonds ayant permis la réalisation de ce forage qui retient l’attention. D’un coût estimé à 200 millions de francs CFA, l’ouvrage a été piloté par l’ONG Forage Sahel, qui opère désormais au Sénégal après des années d’intervention au Mali. Bruno Charuel, président de l’organisation, a détaillé la provenance de cette enveloppe financière lors de la cérémonie.
Selon les précisions rapportées par nos confrères d’Emedia, ce financement est assuré par les contribuables français. Les fonds proviennent des agences de l’eau en France, mobilisés via une contribution directement incluse dans les factures d’eau des ménages de l’Hexagone. Ce mécanisme de solidarité internationale a permis de valider le projet présenté par la mairie de Mlomp, jugé prioritaire par l’ONG.
Gestion locale et responsabilités partagées
Pour garantir la pérennité de cet investissement, un modèle de gestion rigoureux a été imposé. Le maire a insisté sur le fait que « l’eau n’est pas gratuite » et que sa maintenance relève d’une responsabilité collective. Un comité de pilotage a été institué au sein du village, et des jeunes ont reçu une formation technique pour assurer l’entretien des équipements. Les populations ont d’ailleurs participé financièrement pour enclencher cette dynamique.
Le sous-préfet de l’arrondissement de Tendouck, Papa Sandéné Sène, a salué cette initiative qui vient compléter les efforts de l’État en matière d’accès universel à l’eau potable, supervisée techniquement par l’Office des forages ruraux (OFOR). Si l’ONG Forage Sahel reste attentive aux besoins d’autres communes du Blouf, son président a rappelé que les interventions futures resteraient conditionnées par des moyens financiers définis comme modestes.




