Mon cher Mark Zuckerberg ! , en créant facebook, vous avez révolutionné les relations humaines dans le monde.
D’un clic, je me vois sur une interface. Le monde entier peut voir ma tronche. Je peux me mêler de la vie de gens que je n’aurai jamais pu rencontrer dans ma petite vie. Sans visa, je voyage, j’entre dans des maisons dont je n’aurai jamais pu dépasser de la rue. Je peux parler à des gens que je ne voyais qu’à la télé, ou entendais à la radio, ou les lisais dans des journaux, à supposer que je puisse en avoir les abonnements ou le prix. Je peux me permettre d’entrer sans que je n’en sache rien, dans une conversation savante, y donner mon avis d’idiot et insulter ceux qui ne seraient pas d’accord avec moi. Quel plaisir.
Mais, le plus beau, c’est les ‘’amitiés’’. Dans la vie courante, on devient des amis à force de se fréquenter. Personne ne demande à devenir ton ami, c’est par la force des choses, que vous le devenez. Mon cher Mark, vous avez pu, d’un coup de clic, d’une demande envoyée, ou suggérée, faire devenir des amis, des gens qui, pour la plupart, ne se verront jamais qu’à travers des images. Ces gens vont partager leurs inquiétudes, leurs joies et leurs peines, et peut-être même, lier des relations qui aboutiront à un conte de fée où tout se termine par de beaux enfants. L’ami de mon ami peut devenir mon ami. Mon ami peut devenir l’ami de mon ennemi. Mon ennemi peut devenir l’ami de mon ami. Y a des risques même, que mon ennemi soit mon ami. C’est ce que Facebook a réussi. Les chats sont les amis des chiens, les biches sont bichonnés par les tigres, les babouins épucent les lions.
Vous avez dans votre immense générosité, créée la conversation par le commentaire. Ah le commentaire. Ce lien entre amis, amis de mon ami, public et l’auteur d’un post. C’est là, où tout se passe. J’en parle, tu n’en sais rien, tu commentes ‘’Pfff’’ au lieu de passer son chemin. La discussion commence, cela ne t’intéresse pas, tu commentes quand même ‘’allez – vous faire foutre’’ en passant. De courageux combattants du clavier appellent à des guerres sans en avoir vue, une seule de leur vie. De timides dragueurs prennent leur courage à deux mains, sous un pseudo, pour envoyer in box, un message d’amour aussi torride qu’un tison d’enfer. Vous utilisez la méthode ‘’Bloquer’’. Hou la la, on n’est pas sur facebook pour se faire des ennemis, on y est pour rechercher de la compagnie, voir, être vu, parler, écouter, échanger. Bloquer est vraiment un refuge, pas forcément une sanction. Mais y en a qui gagnerait à s’auto-bloquer. Ce sont les pollueurs. Comme les oxydes de carbones que créent les mauvaises fumées des vieux moteurs qui nous empêchent de respirer dans les villes , ils asphyxient les débats, les alourdissent, et font tout pour le faire tomber aussi bas que possible. Le malheur, c’est qu’on ne peut rien contre eux. Supprimer leurs commentaires n’est pas une solution. Il faut bien tous les sons de cloches pour les bonnes et mauvaises ouailles.
Le ‘’j’aime’’. La plupart aime sans avoir lu votre texte. Vous postez un texte long comme la lettre d’un condamné à mort, tout de suite apparaît un ‘’j’aime’’. Peut-être que ce doit être un ‘’je t’aime’’.
Mais, Monsieur Mark Zuckerberg, vous avez oublié une chose essentielle, vous auriez dû ajouter quand même le ‘’je n’aime pas’’. Ah que ce clic changerait énormément nos relations. J’ai tellement besoin de ce clic, que je l’inventerai. Cela me permettrait de dire ce que je pense à ceux qui ne m’aiment pas, mais, commencent par ‘aimer’’ pour m’insulter ensuite. Les insulteurs aussi, pourraient en profiter grandement. Ils pourraient passer leur temps à ‘’Ne pas aimer’’, ça leur évitera de dire les jolis mots qui leur amènent des ennuis. Ah, que ça doit être le pied que de pouvoir dire ‘’je n’aime pas’’. Cela équilibrerait les choses quand même.
Mr Zuckerberg, Svp, ajoutez le ‘’I don’t like ‘’ à votre invention. Elle ne s’en porterait que mieux.
Facebook et Nous !
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sacré Lune !