Les autorités belges ont ouvert une enquête approfondie concernant plusieurs cas de nourrissons soupçonnés d’avoir contracté une maladie après la consommation de préparations pour bébés produites par Nestlé. Cette procédure fait suite à un rappel national de produits, mais l’évaluation précise du nombre de victimes rencontre un obstacle technique au sein même du système de santé.
Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, le Département flamand de la Santé redoute que le nombre actuel de cas recensés en Flandre ne soit bien inférieur à la réalité. Cette sous-estimation potentielle ne relève pas d’une volonté de dissimulation, mais d’un protocole médical standard. Les médecins généralistes et pédiatres ne sont en effet pas tenus de prescrire des tests spécifiques pour détecter la présence de la céréulide, la toxine bactérienne identifiée comme étant à l’origine du rappel des produits.
Joris Moonens, porte-parole du département, a précisé à la chaîne flamande VRT que lorsqu’un nourrisson présente des symptômes s’apparentant à une infection à la céréulide, tels que des nausées, des vomissements ou des diarrhées, le praticien n’a aucune obligation de procéder à un prélèvement de selles pour confirmer l’infection. Cette absence de dépistage systématique rend le traçage épidémiologique particulièrement complexe, bien que le premier cas confirmé en Flandre remonte au 23 janvier.
Face à cette incertitude, les autorités sanitaires ont émis de nouvelles directives demandant au corps médical de signaler tout enfant présentant des symptômes suspects après avoir consommé les lots incriminés. L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) traite actuellement une vingtaine de signalements. Hélène Bonte, porte-parole de l’agence, a indiqué que des inspecteurs peuvent se rendre au domicile des familles concernées pour récupérer les restes de poudre afin de les soumettre à des analyses en laboratoire.
La portée de cet incident dépasse les frontières belges. Nestlé a reconnu que les produits concernés ont été distribués dans plus de 50 pays, couvrant l’Europe, les Amériques, l’Asie, l’Océanie et l’Afrique. La contamination proviendrait d’un ingrédient fourni par un tiers, ce qui a également conduit d’autres géants du secteur, comme Danone et Lactalis, à retirer certains articles par mesure de précaution.
Dans une communication vidéo, Philipp Navratil, PDG de Nestlé, a qualifié cet événement de « plus grand rappel préventif de l’histoire » de l’entreprise, présentant ses excuses aux parents et aux soignants pour l’inquiétude suscitée.