La Commission européenne a rendu, ce vendredi, ses conclusions préliminaires concernant la conformité de la plateforme de partage de vidéos TikTok au règlement sur les services numériques (DSA). Au cœur du dossier instruit par Bruxelles, la conception même de l’application est pointée du doigt pour ses effets jugés néfastes sur les utilisateurs mineurs, plaçant la filiale de ByteDance sous la menace de sanctions économiques d’envergure.
L’exécutif européen estime que certaines fonctionnalités clés de l’application violent les règles de contenu en ligne en favorisant une utilisation compulsive. Selon les éléments communiqués par notre source Al Jazeera, la Commission cible spécifiquement le « défilement infini » (infinite scroll), la lecture automatique des vidéos, les notifications push ainsi que l’algorithme de recommandation personnalisé. Ces mécanismes sont accusés d’encourager l’addiction comportementale chez les plus jeunes.
Henna Virkkunen, responsable technologique de l’UE, a indiqué aux journalistes que TikTok devait impérativement « prendre des mesures » et modifier la conception de son service en Europe pour assurer la protection des mineurs. Thomas Regnier, porte-parole de la Commission, a renchéri en affirmant que les mesures actuelles mises en place par la plateforme sont « tout simplement insuffisantes ».
Des statistiques d’utilisation jugées alarmantes
L’enquête, ouverte initialement en février 2024, s’appuie sur des données précises concernant les habitudes de consommation des adolescents. Les autorités européennes relèvent que TikTok est le réseau social le plus utilisé après minuit par les jeunes âgés de 13 à 18 ans. Plus préoccupant pour le régulateur, 7 % des enfants âgés de 12 à 15 ans passeraient entre quatre et cinq heures par jour sur l’application.
Pour Bruxelles, ces fonctionnalités entraînent une utilisation compulsive qui pose des « risques majeurs » pour le bien-être et la santé mentale des adolescents. En vertu du Digital Services Act, le régulateur a menacé l’entreprise d’une amende pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial de sa maison mère, ByteDance, si des correctifs ne sont pas apportés.
La réponse de la plateforme
Face à ces accusations, TikTok a vivement réagi en rejetant l’analyse de la Commission. Un porte-parole de l’entreprise a déclaré que les conclusions préliminaires présentaient une image « catégoriquement fausse et entièrement dénuée de fondement » de la plateforme. L’entreprise a annoncé son intention de prendre toutes les mesures nécessaires pour contester ces résultats.