Le climat social se tend brusquement à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Alors que la Coordination des étudiants avait décrété un mot d’ordre de grève pour réclamer le paiement des arriérés de bourses, la situation a pris une tournure administrative rigoureuse en fin de semaine. Après une entame de mouvement sans heurts majeurs, l’administration du Centre régional des œuvres universitaires (CROUS) a acté une mesure de suspension qui impacte directement le fonctionnement vital du campus.
La mobilisation avait débuté le 5 février. À l’appel de la Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL), le campus observait 48 heures de « Journées Sans Ticket » (JST). L’objectif affiché par les représentants étudiants était d’exiger le versement intégral des rappels de bourses et le maintien des acquis sociaux, en attendant une révision du décret n°2014-963 sur les allocations d’études. Durant la première journée, le service de restauration avait fonctionné, permettant aux étudiants de se nourrir sans ticket, dans un calme relatif.
La crainte du scénario dakarois
Cette apparente normalité dissimulait une inquiétude palpable au sein de la coordination estudiantine. Amadou Ba, président de la CESL, avait exprimé ses réserves quant à la durée de cette tolérance administrative. « On se restaure convenablement pour le moment, mais on craint d’être confronté à la même situation qu’à Dakar », confiait-il à nos confrères de Sud Quotidien, faisant référence à la fermeture des restaurants universitaires de l’UCAD survenue le même jour.
Ces appréhensions se sont matérialisées ce vendredi 6 février 2026. Par la voix de son directeur, Dr Babacar Diop, le CROUS de Saint-Louis a annoncé la fermeture temporaire des restaurants universitaires. Cette mesure, prise sur instruction du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, est entrée en vigueur immédiatement après le service du dîner.
Des accusations de sabotage
Pour justifier cette suspension du service, l’administration évoque des impératifs de sécurité et de gestion. Le communiqué officiel souligne que les efforts pour maintenir la restauration « se trouvent sérieusement compromis par des actes qualifiables de sabotage et répétitifs ». Si le CROUS affirme rester ouvert à un « dialogue social constructif » pour un retour à la normale, la décision marque un point de rupture dans le bras de fer actuel.
La fermeture des restaurants, infrastructure essentielle de la vie estudiantine à Sanar, risque de modifier la dynamique de la contestation. La CESL, qui avait initialement prévu un mot d’ordre renouvelable, évoque désormais la préparation de nouveaux plans d’action face à cette décision administrative.
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