Face aux arriérés, la directrice de l’Idep charge les diplomates d’une responsabilité qui vise directement le Trésor

La cérémonie de clôture de la formation des hauts fonctionnaires à l’Institut africain de développement économique et de planification (Idep) ne s’est pas limitée à la remise d’attestations. Alors que les travaux portaient sur la diplomatie climatique, la directrice de l’institution a profité de la présence de représentants de quatorze pays pour aborder, sans détour, la question sensible de la solvabilité financière de l’institut.

L’objectif officiel de cette session, organisée en partenariat avec le Centre d’excellence pour le leadership et le management pour le développement de l’Afrique (Celmad), était de préparer les cadres africains aux prochaines échéances internationales, notamment la Cop31 en Turquie et la Cop32 en Éthiopie. Mais Karima Bounemra Ben Soltane a saisi cette opportunité pour rappeler une obligation statutaire fixée par l’Assemblée générale des Nations unies : le versement des contributions annuelles des États membres au budget de l’Idep.

Face aux retards accumulés par certains pays, la direction a opté pour une démarche pragmatique et directe. Selon les informations rapportées par Le Quotidien, des lettres de relance ont été remises en main propre aux participants. La directrice de l’Idep a explicitement mandaté ces hauts fonctionnaires pour qu’ils usent de leurs nouvelles compétences en négociation auprès de leurs propres gouvernements.

« Mes collègues partageront avec vous les lettres adressées à vos gouvernements respectifs, et je tiens à ce que vous prouviez vos capacités de négociation pour qu’au retour, je reçoive des chèques qui honoreront les contributions de vos pays », a déclaré Mme Ben Soltane. Une consigne formulée avec une pointe d’ironie, mais qui traduit une attente ferme de l’institution vis-à-vis de ses débiteurs.

Sur le plan académique, cette formation intensive de cinq jours a réuni des diplomates et décideurs venant de divers horizons, dont le Sénégal, le Maroc, la RDC ou encore le Kenya. Les travaux ont inclus des simulations de négociations multipartites pour permettre aux participants de maîtriser les mécanismes de financement climatique et de transition énergétique. Une seconde session est d’ores et déjà programmée à Addis-Abeba en avril 2026, élargissant le programme à une nouvelle cohorte de fonctionnaires.

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