La paralysie qui frappe l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) dépasse le simple cadre des affrontements sporadiques. Entre fermetures répétées, calendriers instables et précarité étudiante, la situation inquiète au-delà des frontières nationales. Dans une déclaration transmise à notre rédaction, le Front Républicain de la Diaspora Sénégalaise (FRDS) refuse de limiter l’analyse à une crise passagère et pose un diagnostic sévère sur la méthode gouvernementale actuelle.
Pour Ahmadou Bella Diallo, président du FRDS, les remous actuels ne sont que le « symptôme d’un dysfonctionnement structurel profond ». Selon les propos relayés par nos confrères d’IGFM, cette organisation de la diaspora pointe directement la précarité sociale et les retards de paiement des bourses comme les catalyseurs de la colère. Loin de condamner les revendications estudiantines, le FRDS les qualifie de « légitimes », estimant qu’elles relèvent d’un besoin élémentaire de justice et de considération, et non de la provocation.
Si l’organisation appelle fermement à un arrêt des violences pour préserver l’outil universitaire, elle refuse que la charge de l’apaisement repose uniquement sur les étudiants. Le point central de l’intervention de la diaspora réside dans la définition même de ce retour au calme. Pour le FRDS, l’appel au dialogue lancé par les autorités restera un « mot creux » tant qu’il ne sera pas accompagné d’actes immédiats. L’organisation rejette toute injonction unilatérale et exige une volonté politique matérialisée par des décisions tangibles.
Cette exigence de crédibilité passe par une feuille de route précise soumise aux autorités compétentes. Le FRDS demande des réponses publiques et claires sur quatre points non négociables : le règlement de la situation des bourses, des mesures d’urgence pour la restauration et le logement, la sécurisation du cadre d’enseignement et l’établissement d’un calendrier académique réaliste. Pour Ahmadou Bella Diallo, le temps des « annonces sans lendemain » est révolu.
L’avertissement se veut solennel : ignorer cette crise ou tenter de la minimiser constituerait une faute politique majeure. En rappelant qu’une « jeunesse abandonnée aujourd’hui est une Nation fragilisée demain », le FRDS place la gestion de l’université au rang d’indicateur de la vitalité démocratique du Sénégal, exhortant l’État à engager des concertations inclusives sans faux-semblants.